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Le télétravail : une panacée ou un pari risqué?

Si le télétravail s'est imposé à marche forcée par la crise pandémique, il a néanmoins été bien vécu dans l’ensemble par plusieurs télétravailleurs, et bien perçu par une grande majorité de gestionnaires. Toutefois, certains employeurs demeurent frileux face à ce nouveau mode d’organisation, évoquant souvent une éventuelle baisse de productivité, une perte de contrôle de leurs employés et une érosion de la solidarité collective. Ont-ils raison? Ont-ils tort? Le télétravail serait-il une panacée ou un pari risqué ? Tout est discutable.

Si l’on se fie aux résultats préliminaires d’une étude menée par Tania Saba, CRHA et Gaëlle Cachat-Rosset dans le cadre des travaux de la Chaire BMO de l’École de relations industrielles l’Université de Montréal, le télétravail favoriserait la productivité et l’innovation (source : Nouvelles UMontréal ). Des résultats qui font écho à d’autres recherches nationales et internationales qui expliquent l’augmentation de la productivité par plusieurs facteurs, notamment le gain en autonomie des salariés, la réduction du stress lié au temps perdu dans les transports, une diminution du taux d’absentéisme, et une plus grande liberté, souplesse et flexibilité dans la gestion des horaires.

Par ailleurs, si pour Statistique Canada , cette forme de travail serait amenée à se développer et qu’environ quatre travailleurs canadiens sur dix (38,9 %) sont disposés ou très disposés à continuer le travail à domicile une fois la crise résorbée, il n’en demeure pas moins que le télétravail, en tant que philosophie d’entreprise, doit être bien pensé et encadré.

Pour Alain Gosselin, CRHA, la perspective du maintien du télétravail comme mode permanent nécessite que les entreprises réfléchissent à un nouveau contrat psychologique avec les employés. Un pacte qui devra engager les gestionnaires sur de nouveaux modes de mobilisation et de consolidation des équipes (Source : Isarta.com ). Un avis partagé par Tania Saba, CRHA, qui affirme que les organisations devront pourvoir à la santé psychologique et physique des travailleurs pour favoriser le maintien d’un équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle. Lutter contre l’isolement organisationnel des travailleurs exige de renforcer l'écosystème relationnel qui facilite les interactions entre les équipes; cela permet de cultiver le sentiment d’appartenance puisque, ne l’oublions pas, « Le milieu de travail, c’est aussi un milieu social », rappelle Diane-Gabrielle Tremblay, CRHA (Source : Radio-Canada ).

Cela dit, télétravail, panacée ou pari risqué, nous dirons que nous n’en sommes qu’au début et que ce mode de travail, comme toute innovation organisationnelle, comporte « un côté cour et un côté jardin », le premier étant porteur d’opportunités, le second étant celui des risques ou des problèmes qu’il faudra observer, mais surtout, nommer et encadrer comme l’avance Marie-Claude Lortie (Source : Lapresse.ca ).

Source : Revue RH, volume 23, numéro 3, septembre/octobre 2020.

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