Vous lisez : Connaître ses limites : une obligation professionnelle

Pris dans le tourbillon du travail, on oublie souvent de prendre le recul nécessaire, une habitude qui nous évite de mauvaises décisions.

Patrice Vito*, jeune CRIA ambitieux en début de carrière, travaille sur une importante négociation de convention collective pilotée par son directeur. En l’absence de ce dernier, il a dû s’occuper seul du dossier au cours des deux dernières semaines. Ce matin, la directrice générale lui annonce que son directeur s’absentera pour une période indéterminée et elle lui confie la pleine responsabilité de la négociation, puisqu’il connaît bien le dossier. Patrice est flatté, mais embêté, car il s’agit d’un défi à double tranchant pour sa carrière.

La nature du mandat confié à Patrice est effectivement un défi non négligeable. Il doit prendre un temps de recul pour étudier les aspects positifs et négatifs de cette situation. Il a peu d’expérience et n’a jamais effectué seul une négociation de cette ampleur par le passé. Sans clairement pouvoir le reconnaître, Patrice est conscient de ne pas avoir toutes les compétences requises pour assumer les responsabilités qui lui sont confiées (art. 2 et 4 du Code de déontologie). Le fait d’avoir suivi des cours à l’université et de posséder les connaissances exigées pour accéder à la profession de CRIA ne lui donne pas forcément les outils nécessaires pour réaliser ce mandat.

Saviez-vous que...

Le programme de mentorat est gratuit, offert à tous les membres de l’Ordre et qu’il permet d’accumuler jusqu’à 15 heures de formation continue.

Heureusement, il doit non seulement tenir compte des limites de ses aptitudes et de ses connaissances, mais aussi des moyens dont il dispose (art. 4 du Code de déontologie). Il peut donc proposer à la directrice générale de s’adjoindre l’aide requise. S’il a des collègues à l’interne qui possèdent les compétences, il pourra effectuer le mandat en collaboration avec l’un d’eux. Si ce n’est pas le cas, il pourra suggérer de faire appel à un consultant externe (art. 36 du Code de déontologie). Il usera de son rôle-conseil en sensibilisant la direction aux risques inhérents à une négociation inadéquatement préparée, faute de temps et de ressources. En prenant les devants, Patrice priorise l’intérêt de son client. Il s’assure que l’organisation bénéficie des services professionnels de qualité qu’elle est en droit d’obtenir (art. 2 du Code de déontologie). Il doit également faire attention à ne pas négliger ses autres dossiers. À cet égard, il gagnera à évaluer la charge de travail que représente l’ensemble de ses mandats, en gardant à l’esprit qu’il doit chercher à avoir une connaissance complète des faits avant de donner des avis ou conseils (art. 38 du Code de déontologie). Il ne doit surtout pas sous-estimer le temps qu’il devra consacrer pour acquérir les nouvelles connaissances dont il a besoin pour mener à bien la négociation et celui requis pour assister un consultant externe, le cas échéant. Il doit s’assurer de ne pas accepter une charge de travail supérieure à ce que peut exiger de lui l’intérêt de l’organisation ou le respect de ses obligations professionnelles (art. 18 al. 2 du Code de déontologie). Connaître ses limites, c’est faire preuve d’un bon jugement professionnel.

Par ailleurs, Patrice doit être vigilant dans sa réflexion. L’opportunité professionnelle que représente ce mandat peut inconsciemment l’amener à le prendre en charge, au détriment du meilleur choix pour l’organisation. Il doit s’assurer de toujours donner la priorité aux intérêts de l’organisation en étant à l’affût des facteurs susceptibles d’influencer ses choix professionnel (art. 13 et 14 du Code de déontologie).

Il serait profitable à Patrice de joindre une communauté de pratique ou de participer au programme de mentorat de l’Ordre à titre de mentoré, à plus forte raison s’il est le seul CRIA dans l’organisation. Il pourrait ainsi bénéficier de l’expérience de ses confrères et consoeurs et obtenir de l’aide pour cibler et atteindre ses ambitions de façon optimale.

* Noms fictifs

Source : Revue RH, volume 20, numéro 4, novembre/décembre 2017.

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