Vous lisez : La reconnaissance créative au quotidien dans les PME

La reconnaissance est un des outils les plus puissants qu’une entreprise puisse utiliser. Si on peut, à court terme, favoriser l’implication ou la motivation des employés par toutes sortes de moyens, la reconnaissance est essentielle pour assurer un engagement réel et durable. Elle est l'outil à privilégier lorsqu'on veut obtenir des résultats rapides et à faible coût.  

De grandes entreprises peuvent définir des programmes ou des éléments de reconnaissance complexes, mais coûteux. Certains sont parfois renommés, comme les glissoires et les salles de détente de Google. 

Par contre, en PME, les ressources sont limitées, incluant le facteur temps. Comment la petite entreprise peut-elle concurrencer les grandes sur ce plan? En donnant de la latitude et un petit budget au gestionnaire de premier niveau et en l'incitant à être créatif dans sa reconnaissance envers les employés. 

Le bon geste, au bon moment, envers la bonne personne

Lorsqu'on parle reconnaissance, le premier commentaire est souvent : « On sait que c'est important, mais comment fait-on? » C'est tout l'art de la gestion : trouver le bon geste, qu’il soit général pour démontrer l’appréciation envers l’équipe ou personnel afin de conserver ou d’augmenter la motivation au travail. 

À la base, la reconnaissance est une forme de communication, une façon de montrer de la considération envers autrui. Elle ne vise pas seulement à reconnaître des gestes exceptionnels ou l'atteinte d'un objectif précis, elle souligne l'importance de la personne et de son travail pour l'entreprise, l'équipe ou le gestionnaire. Elle devrait donc inclure autant le travail de tous les jours que les événements ponctuels, autant les résultats que les efforts. Elle vise à créer un lien affectif entre l’employé et l’équipe ou l’entreprise. Un geste de reconnaissance, pour être perçu de façon positive par les employés, doit être sincère, équitable et adapté au contexte. 

Pour toutes ces raisons, les gestes de reconnaissance devront être personnalisés, autant pour ceux qui les reçoivent que selon le caractère de celui ou celle qui les offrent.

Reconnaissance au quotidien

Pour donner de bons résultats, la reconnaissance doit être à la fois constante et variée, pour répondre aux besoins individuels, s’adapter aux nouvelles situations et éviter que l’effet ne s'émousse avec le temps.  

Au quotidien, elle peut représenter un défi pour le gestionnaire qui n'est pas habitué à faire ces gestes, qu'il peut associer à une perte de temps ou d'énergie. Certains gestionnaires disent : « Il est payé pour travailler, je ne vais pas aller lui donner des fleurs en plus! » Or, la reconnaissance représente un besoin fondamental des employés et ceux qui en ont le plus manqué sont parfois ceux-là mêmes qui refusent d'en donner, une fois devenus gestionnaires. 

Les gestionnaires doivent donc trouver leur façon personnelle de donner de la reconnaissance et la direction devrait soutenir la diversité des marques de reconnaissance, tout en offrant au besoin soutien, budget et formation à ce sujet. Le défi sera alors pour le gestionnaire de prendre l'habitude d'en donner un peu à tous les jours.

Les pièges

Une raison pour laquelle la reconnaissance est si difficile à implanter dans l’entreprise est qu’elle peut créer de fortes réactions émotives, comme la jalousie, l’irritation ou la crainte. Ceux qui n’en donnent pas craignent-ils que ça les fasse mal paraître auprès de leurs employés? Le président a-t-il l’impression que c’est une perte de temps? Un gestionnaire refuse-t-il parce qu’ils « sont déjà bien payés pour ça », comme nous l'avons vu plus haut? Les employés jalousent-ils leur collègue récompensé? Instaurer un climat favorisant la reconnaissance demande qu’on s’attarde aux freins, à la culture de l’organisation, avant d’instaurer des pratiques qui favoriseront la reconnaissance. 

On remarque également que les gestes automatiques, comme donner une montre après dix ans de service, sont moins efficaces, en raison de leur manque de sincérité. La plupart perdent de leur efficacité avec le temps, l’être humain ayant besoin de nouveauté pour y porter attention, à moins qu’ils ne soient distillés au quotidien de façon informelle, servant ainsi à maintenir le lien affectif. Bref, mieux vaut la reconnaissance informelle au jour le jour que la reconnaissance formelle mensuelle.

Reconnaissance créative

Quant aux gestes de reconnaissance, les gestionnaires devront faire preuve d'un peu de créativité et démontrer ainsi qu'ils prennent la peine d'inventer de nouvelles marques d'appréciation. Certains souligneront les anniversaires avec humour, d'autres inventeront un quiz pour faire connaître les mérites d'un employé ou d'une équipe. Ceux qui se sentent moins créatifs gagneront à s'inspirer de ce que font les autres, incluant la recherche sur Internet, riche dans ce domaine. Voici d'ailleurs quelques exemples concrets et peu coûteux :

  • commencer toute réunion en présentant une réalisation d'un employé;
  • indiquer à la fin des documents le nom de toutes les personnes qui y ont contribué;
  • envoyer un courriel aux gestionnaires leur demandant s'ils ont souligné le travail d'au moins un employé cette semaine;
  • inviter un petit groupe d’employés au restaurant chaque mois pour échanger informellement avec les patrons;
  • organiser une activité où le patron doit servir les employés (ex. barbecue);
  • faire tirer un prix amusant parmi tous ceux qui ont glissé une idée dans la boîte aux suggestions;
  • payer les beignes ou la pizza après des heures supplémentaires, l'inventaire ou un projet particulièrement exigeant;
  • fournir aux employés jus, café et thé ou des collations, ponctuellement ou en permanence. 

Conclusion

Dans tous les cas, la façon de communiquer l'appréciation de l’entreprise envers les employés sera aussi importante que le geste lui-même. Le merci sincère et ému du patron à son équipe sera aussi, sinon plus motivant qu'un chèque remis dans l'enveloppe de paie, parce que tous les humains ont soif d'être considérés et reconnus par les autres. 

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Cybèle Rioux, CRHA, est présidente d’Alizé ressources humaines, une firme de services en gestion des ressources humaines destinés aux PME. Elle a réalisé plusieurs projets et formations sur l’embauche, la fidélisation et la gestion de la diversité depuis 2002. Les coordonnées pour la joindre sont : 450-966-0731 et www.alizerh.com

Mise à jour : 10 septembre 2014

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