Vous lisez : Les entreprises misent-elles suffisamment sur la santé et le mieux-être de leurs employés?

Les employeurs sont nombreux à croire aux avantages d’une culture de performance durable, culture qui se définit par la maximisation de la contribution des employés tout en incluant les notions de santé, de mieux-être, de vitalité et d’énergie. Cette volonté pourrait laisser croire que les entreprises prennent des mesures concrètes pour y arriver. Le font-elles vraiment?

Pour évaluer ce que fait l’entreprise en matière de santé et mieux-être...
Afin d’évaluer périodiquement le positionnement de l’organisation en matière de santé et de mieux-être, voici le Continuum des interventions, un modèle simple développé par le Conference Board.

Les non-contrevenants 
À ce niveau se trouvent les entreprises qui ont des programmes de santé et mieux-être se limitant à la conformité réglementaire en matière de santé et de sécurité du travail.

Les jongleurs
À ce niveau se trouvent les entreprises qui mettent en place des initiatives pour améliorer la santé et le mieux-être de leurs employés, notamment un programme d'aide aux employés (PAE), une cafétéria avec des menus santé ou une clinique de vaccination.

Les intégrateurs
À ce niveau se trouvent les entreprises qui se démarquent par une démarche stratégique et structurée en santé et mieux-être, appuyée par un plan de communication et alignée sur les besoins de leurs employés, sur leur culture d’entreprise ainsi que sur leur plan stratégique et leurs pratiques de gestion.

Les leaders communautaires
À ce niveau se trouvent les entreprises où le comité de direction est convaincu de la corrélation entre la santé et le mieux-être des employés et la performance organisationnelle (satisfaction des clients et création de valeur pour les actionnaires). Elles se démarquent par leur vision qui s’étend au-delà de leur organisation, touchant même la collectivité dans laquelle elles évoluent. Ces entreprises sont d’avis que les programmes de santé et mieux-être sont un investissement plutôt qu’un coût pour leur organisation.

La majorité des entreprises serait de type jongleur
Malgré l’importance qu’accordent les entreprises aux programmes de santé et mieux-être, on constate qu’il y a encore du chemin à faire. Selon les données récoltées dans le cadre de rémun, enquête de rémunération globale réalisée annuellement par Normandin Beaudry, près de 90 % des entreprises disent offrir un programme d’aide aux employés (PAE). Parmi celles-ci, seulement la moitié déclare réaliser des initiatives de santé et mieux-être.

Selon notre connaissance du marché, la majorité des entreprises ne se situerait qu’au deuxième niveau du continuum des interventions : celui des jongleurs. Il sera intéressant de voir si, dans les prochaines années, elles réaliseront l’avantage concurrentiel qu’elles auraient sur leurs concurrents en se positionnant comme intégrateurs ou leaders communautaires.

Les intégrateurs et les leaders communautaires sauront tirer leur épingle du jeu
Au cours des dernières décennies, les organisations ont adopté une culture de performance plus marquée, augmentant ainsi leurs attentes envers leurs employés et la charge de travail de ceux-ci. À cela s’ajoute le niveau de stress lié au mode de vie, à la conciliation travail/vie personnelle, aux relations interpersonnelles et aux finances personnelles.

Afin d’assurer leur capacité concurrentielle et de minimiser les coûts directs et indirects liés aux absences occasionnelles et aux invalidités, les entreprises doivent lancer des initiatives concrètes en santé et mieux-être qui englobent l’individu et l’organisation. Ces initiatives les mèneront au niveau des intégrateurs ou des leaders communautaires et, par le fait même, leur permettront de bénéficier des avantages d’une culture de performance durable.

Comment passer de jongleur à intégrateur?
Afin d’améliorer le positionnement de l’organisation et d’atteindre le niveau Intégrateurs, il existe plusieurs moyens, notamment : 

  • définir les objectifs du programme de santé et mieux-être et les arrimer aux orientations stratégiques de l’organisation;
  • évaluer et mesurer la satisfaction des employés envers les initiatives afin de mieux répondre à leurs besoins, de maximiser les effets positifs du programme et de mieux planifier les activités subséquentes;
  • inclure les bonnes pratiques de gestion dans les composantes du programme : reconnaissance, gestion participative, gestion de la performance, etc.

La santé et le mieux-être, éléments clés d’une performance durable
Il est encourageant de constater le nombre grandissant d’entreprises qui croient que la santé financière de l’organisation passe entre autres par la santé physique et mentale des employés et qui désirent donc poursuivre leur évolution dans le continuum des interventions.

En effet, les entreprises auront avantage à se préparer pour l’avenir et à s’interroger sur leur positionnement en matière de santé et de mieux-être. Elles pourront ensuite développer un plan d’action pour favoriser la santé et le mieux-être et valoriser une performance durable.


À propos des auteures
Julie Cousineau, CRHA, f.s.a., f.i.c.a., est conseillère principale en assurance collective chez Normandin Beaudry. Elle évolue dans le domaine de la consultation en assurance collective et de la santé organisationnelle depuis plus de dix-sept ans. Elle a développé une expertise de pointe en matière d’optimisation de la présence et du bien-être au travail. On peut la joindre par téléphone [514 285-1122, poste 228] ou par courriel [jcousineau@normandin-beaudry.ca].

Nathalie Leblanc, CRHA, MBA, CCP, est conseillère principale, rémunération et performance chez Normandin Beaudry. Elle travaille dans le domaine de la rémunération globale depuis plus de vingt ans. Avant d’œuvrer en consultation, elle a fait partie de l’équipe RH de diverses entreprises de service. On peut la joindre par téléphone [514 285-1122, poste 378] ou par courriel [nleblanc@normandin-beaudry.ca].

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