Vous lisez : Mission : protection du public : l’inspection professionnelle

Nathalie a eu toute une émotion ce matin lorsqu’elle a reçu ce courriel de l’Ordre. Elle recevait une convocation officielle à une inspection professionnelle! Bien sûr, elle sait que l’inspection est un processus obligatoire pour tous les professionnels agréés, et pourtant elle ne peut pas s’empêcher de se sentir un peu ébranlée par ce message. Les questions se bousculent dans sa tête. Comment l’inspection va-t-elle se passer? Qu’est-ce que l’inspecteur voudra vérifier? Est-ce que je risque de perdre mon titre professionnel?

Dans l’après-midi, Nathalie trouve un peu de temps pour prendre connaissance du processus. Les documents et les liens contenus dans son avis de sélection lui permettent de se faire une meilleure idée sur les objectifs de cet exercice ainsi que des différentes étapes prévues au processus. Prenons le temps, nous aussi, d’y voir plus clair.

Un processus obligatoire et constructif

Tous les professionnels agréés peuvent être soumis à un processus d’inspection professionnelle. Dans la perspective de s’assurer de la protection du public, chaque ordre professionnel détermine les stratégies et les méthodes qui seront utilisées pour vérifier que le professionnel exerce selon les règles de l’art. À l’Ordre des CRHA et CRIA, le processus de l’inspection a constamment évolué au cours des années. Si les méthodes ont changé, la philosophie de l’Ordre demeure la même. Elle a toujours été de réaliser ses inspections en harmonie avec les valeurs chères à notre profession.

Pour réaliser sa mission, l’inspecteur devra s’attarder sur la qualité de la pratique du membre. C’est-à-dire qu’il devra être attentif à la manière dont le professionnel joue à la fois son rôle d’expert en ressources humaines ou en relations industrielles dans l’organisation, et son rôle professionnel auprès de toutes les personnes qui reçoivent ses services.

Il faut savoir que processus de sélection est aléatoire, plus de 550 visites d’inspection ont été réalisées lors de l’exercice 2018-2019 auprès de membres agréés provenant de toutes les régions. Compte tenu de la situation actuelle, la pratique de l’inspection s’est adaptée. Actuellement, les rencontres se font principalement par vidéoconférence.

Une rencontre qui s’adapte à la pratique professionnelle

Peu de professions s’exercent dans des contextes aussi variés que ceux qui nous sont proposés. En effet, la profession de conseiller en ressources humaines se pratique dans une multitude de réalités organisationnelles. Chaque professionnel s’adapte à cette réalité et propose à ses clients des services qui correspondent aux besoins de l’organisation. Ainsi, l’inspecteur prendra le temps de saisir la réalité professionnelle de Nathalie. Dès le début du processus, elle sera invitée à décrire son contexte de pratique ainsi que les domaines professionnels dans lesquels elle exerce. La notion de contexte de pratique est décrite dans le Guide des compétences des CRHA et CRIA.

Une pratique en constante évolution

La pratique de la gestion des ressources humaines est, sans contredit, en constante évolution. Le professionnel, quels que soient son expérience et son champ d’activité, est appelé à rester ouvert sur l'amélioration de sa pratique. De son côté, l’inspecteur observe lors de ses visites une multitude de savoir-faire appliqués par nos collègues au quotidien. On parle alors de saines pratiques. Arrimé avec les différents axes décrits dans le Guide des compétences, l’inspecteur peut ainsi proposer au membre inspecté un regard différent sur la manière de poser différents gestes professionnels. Il s’agit des recommandations d’améliorations de la pratique.

Les recommandations les plus souvent émises concernent les différents aspects du rôle professionnel. Ces compétences incluent notamment le respect de la confidentialité, l’archivage des documents, le devoir de recommandation et la visibilité du titre.

D’autres recommandations concernent davantage les différents domaines professionnels. Il peut s’agir alors de recommandations concernant le processus de dotation, les relations de travail et les différents aspects du « travailler ensemble ». Cela inclut la prévention du harcèlement, la gestion de la diversité et l’inclusion ou d’autres champs de pratique. À titre d’exemple, il n’est pas rare de voir des membres inspectés découvrir eux-mêmes avec étonnement que les formulaires qu’ils utilisent dans le cadre de la dotation contiennent des demandes intrusives et inappropriées, ou que la politique de prévention du harcèlement mise en place dans l’organisation n’est plus à jour. Nous aurons l’occasion de développer sur ces différents volets de la pratique au cours des prochaines rubriques à propos de l’inspection professionnelle.

Des normes incontournables

Notre profession, comme toutes les professions d’ailleurs, est régie par plusieurs normes. Il peut s’agir d’un encadrement donné par le législateur, comme le Code des professions ou des règles dont la profession s'est elle-même dotée. Il s’agit principalement des règles décrites dans le Code de déontologie, mais aussi des différents règlements encadrant la pratique. Il est clair qu’il est attendu d’un professionnel agréé qu’il respecte ces règles et qu’il mette ses clients (son employeur par exemple) à l’abri de tout problème engendré par le non-respect de ces normes.

De plus, une partie importante de nos activités de professionnels en ressources humaines et en relations industrielles consiste à prodiguer aux entreprises que nous desservons des conseils qui respectent en tout point les lois en vigueur. Si l’inspecteur constate que l’une ou l’autre de ces règles n’est pas appliquée, il émettra alors un constat de non-conformité dont la correction est obligatoire. L’inspecteur prendra le temps d’expliquer avec précision ce qui n’est pas conforme, et pourquoi. Il sera souvent en mesure de proposer des pistes de solutions qui aideront le professionnel dans la résolution de la situation. Lorsque la situation est corrigée, le professionnel membre devra en informer l’inspecteur qui s’assurera de la validité de la solution choisie et fermera la non-conformité, le cas échéant.

Une garantie de qualité de la pratique

Voilà, c’est terminé! Nathalie est passée au travers du processus. Elle recevra un rapport de visite indiquant les principaux éléments à retenir. Ce rapport lui appartient, et elle compte bien s’en servir pour améliorer plusieurs points dans sa pratique. D’ailleurs, deux heures de formation continue lui seront reconnues si en elle profite pour développer ses connaissances professionnelles au travers de la mise en place des recommandations.

Au terme de cette expérience, Nathalie comprend mieux les obligations et les règles déontologiques encadrant l’exercice de sa pratique. Elle est aussi rassurée de savoir que son Ordre professionnel accorde une grande importance au processus de l’inspection, car elle a pu constater que cet exercice donne de la valeur et de la crédibilité aux titres de CRHA et CRIA dont elle est si fière.

Ressources utiles de l’Ordre des CRHA

Source : Revue RH, volume 23, numéro 3, septembre/octobre 2020.

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