Vous lisez : S’humaniser pour créer une culture d’innovation : une expérience employé libératrice!

Déjà en début d’année 2020, on pensait faire face aux plus grands défis professionnels de notre vie. L’environnement du travail que l’on qualifiait de VICA génère des changements qui insécurisent au plus haut point. La concurrence qui s’intensifie, met une pression de performance et rend anxieux. Les technologies qui accélèrent le rythme de travail et causent une surcharge épuisante.

Innover, c’est se sentir libre d’explorer. C’est s’humaniser. Pensez-y! C’est quand on se sent libre qu’on a de bonnes idées et qu’on y voit clair. Vouloir innover, c’est rechercher la constante amélioration de l'existant. C’est Steve Jobs qui a pris un lecteur mp3, un appareil-photo et un téléphone portable pour créer un iPhone. Même si les trois produits existaient déjà, l'iPhone était un concept totalement nouveau qui a révolutionné les habitudes de communication. On veut donner un élan à cette intention pour se réinventer et vivre une expérience employé forte.

Et si l'on cultivait sa culture d’entreprise, comme on prend soin de son jardin, pour qu’elle devienne un terreau fertile à l’innovation? Vous connaissez l’adage : on ne tire pas sur une fleur pour qu’elle pousse plus vite, on l’arrose et on en prend soin. C’est ce qu’on veut faire avec les employés… Bon sans les arroser bien sûr!

Mots clés de la posture de l’empathie :

  • Ouverture
  • Authenticité
  • Ressenti
  • Écoute
  • Reconnaissance des autres
  • Mise en valeur

Mots clés de la posture de l’aventure

  • Encourager le risque
  • Être curieux
  • Essayer
  • Explorer
  • Apprendre

Mots clés de la posture de l’audace :

  • Penser librement
  • Déranger
  • Oser
  • Mettre au défi
  • Exprimer

L’engrais n° 1 d’une récolte abondante : la confiance

La confiance dans son organisation, quand on croit sans en douter que les intentions des dirigeants sont bonnes, tout comme celles de son gestionnaire, des membres de son équipe et de la majorité des gens dans l’organisation. Pensez à votre expérience, estimez-vous pouvoir vous en remettre à vos gestionnaires, vous y fier les yeux fermés?

Notre engrais de la confiance concerne le rapport que l’on entretient avec ceux qui forment notre équipe, mais c’est aussi la confiance en soi. Croire en son potentiel et en ses capacités. Est-ce que les pratiques de l’organisation et le leadership ambiant m’aident à croire que je suis bon et capable d’atteindre mes objectifs? Ou est-ce qu’au contraire j’ai toujours l’impression que je n’y arriverai jamais?

Pour atteindre la confiance qui nous mettra suffisamment à l’aise pour qu’on se sente libre et qu’on ose innover, ça prend d’abord un sentiment de sécurité psychologique. Un indice : comment se sent-on quand on passe les portes de l’entrée du bureau? Stimulé, enthousiaste, libre? Ou angoissé et pressé?

La créativité passe par la sécurité psychologique, c’est le laissez-passer pour que ce soit possible. On veut créer un climat dans lequel les gens s'expriment et se sentent à l'aise – un « safe space » où ils sentent qu’ils peuvent partager leurs idées et leurs erreurs sans crainte d’être humiliés, ignorés ou blâmés.

Pour y arriver, on valorise les idées nouvelles et on met fin aux règles implicites telles que : ne critiquez pas quelque chose que le patron peut avoir aidé à créer, ne parlez pas à moins que vous ayez des données solides, ne parlez pas si le patron du patron est présent, etc.

On repense nos rencontres pour faire en sorte d’avoir des conversations de qualité. On sort ses antennes et on passe à un mode connexion! Passer d’un mode de communication top down à un mode de connexion, c’est mettre de côté toute conversation qui ne soit pas authentique ainsi que centrée sur le sens et le but commun recherché. C’est faire de la place à tous les participants et s’ouvrir à différentes façons de voir les choses plutôt que de les formater dans un schéma de pensée et un langage convenu. C’est éviter les débordements pour rester connecté aux objectifs dans un esprit positif. Validez ce que pensent les gens de vos rencontres : « Avez-vous hâte à la prochaine rencontre? » « En sortez-vous avec le sentiment d’avoir connecté avec chacun et d’avoir refait le monde? ».

L’engrais n° 2 d’une récolte abondante : la posture mentale

On pollinise chacun pour que tous adoptent la bonne posture. On ne voudrait pas contaminer qui que ce soit! Une posture mentale est un schème de pensée formé de croyances, de convictions profondes. Tout le monde peut faire évoluer son « mindset » pour changer son état d’âme ou la façon d’entrer en relation avec les autres ou revoir son rapport au travail. On met le doigt sur une posture limitante qu’on observe, comme : « Il n’est pas question que j’échoue » et, avec une dose de bienveillance, on la fait évoluer vers une posture libératrice qui peut ressembler à : « Je n’échoue jamais, soit je gagne, soit j’apprends ».

On identifie une bonne dose de bienveillance. Voici trois postures propices à l’innovation :

L’empathie

L’empathie, c’est prendre la perspective d’une autre personne, l’écouter sans juger. C’est accepter de partir du point de vue de quelqu’un d’autre, de mettre son idée de côté pour un moment. C’est un excellent test pour l’égo! Pour un gestionnaire, cet état d’esprit peut prendre la forme de « Servant Leader » selon l’approche de Robert Greenleaf qui inverse la pyramide décisionnelle en mettant les gestionnaires au service des employés. Tout part de l’idée que les employés sont les mieux placés pour définir et créer ce qui est bon pour eux, l’entreprise et les clients. C’est simple, on réduit les tensions, quand on choisit de dire les choses ouvertement et avec authenticité et qu’on autorise les employés à nommer leurs inconforts, leur vulnérabilité.

L’Aventure

La posture de l’aventure amène à se réinventer continuellement et à se démarquer de ses concurrents. Imaginez une culture où les gens ont le goût de l’aventure, ils sont enthousiastes, ils sont contents d’évoluer dans un environnement non familier, parce qu’ils sont curieux, attentifs aux signaux et aux tendances émergentes. Aimez-vous voyager? À main levée, les gens répondent habituellement oui à 95 %. Pourquoi? Le « thrill » de l’inconnu, du nouveau, de la découverte. Voici une autre question : aimez-vous le changement? Habituellement, il y a beaucoup moins de mains qui se lèvent. Pourtant, le changement c’est aussi l’inconnu, le nouveau, la découverte. Quelle est la différence entre le voyage et le changement? Quand on part en voyage, on fait confiance que ça va être le fun… Même si voyager c’est aussi la fatigue du décalage horaire, les « touristas », les files d’attente.

Et si on développait la même confiance, l’enthousiasme qu’on a pour l’aventure que propose un voyage cette fois pour un nouveau projet ou une nouvelle façon de faire ? Pour ça, on entraîne son muscle de l’ouverture et de la curiosité.

L’audace

Innover, c’est braver les habitudes, les statu quo, défaire l’ordre établi : c’est faire preuve d’audace. Une personne seule qui cherche à innover est un mouton noir parce qu’elle dérange chaque fois qu’elle s’écarte des normes établies. Et suivre les normes d’un groupe, c’est rassurant. Il faut donc une bonne dose de courage pour oser voir au-delà de qui est proposé dans l’organisation, mettre au défi et exprimer des idées différentes. C’est s’autoriser la liberté de penser et d’avoir l’audace de s’exprimer.

Passer à une culture d’innovation :

  • C’est choisir consciemment de nouveaux paradigmes souples comme le droit à l’erreur et au plaisir ;
  • C’est s’autoriser à explorer de nouvelles idées, à se réinventer ;
  • C’est transformer le style de gestion et donner une voix aux employés ;
  • C’est assouplir et simplifier les systèmes, les processus et les programmes.

C’est choisir d’humaniser son organisation et offrir une expérience employé libératrice.

Source : Revue RH, volume 23, numéro 3, septembre/octobre 2020.

Ajouté à votre librairie Retiré de votre librairie