Vous lisez : Bien-être au travail : cooccurrence entre le harcèlement psychologique et la détresse

Cet article est rendu possible grâce à la Fondation CRHA

Ce texte est un résumé tiré d’un mémoire de maîtrise dont le sujet de recherche a obtenu une bourse. La Fondation CRHA encourage et valorise l'excellence en appuyant la relève, en soutenant la recherche et en favorisant l'innovation. Alors que le harcèlement et la détresse psychologique sont encore présents dans nos organisations, il est pertinent d’étudier ces phénomènes afin de les éradiquer. On ignore encore d’une part, si la cooccurrence entre le harcèlement psychologique et la détresse psychologique dépend de la forme du harcèlement subi (c.-à-d., psychologique, physique, sexuel) et, d’autre part, si l’environnement immédiat de travail contribue à expliquer cette cooccurrence.

Bien que les études indiquent que le harcèlement psychologique et la détresse psychologique sont des phénomènes interreliés, on en connaît peu sur leurs facteurs explicatifs communs. Le but de ce mémoire vise à répondre à cette limite dans les connaissances en explorant cette question chez les travailleurs québécois.

Méthodes : Les données analysées proviennent de l’étude SALVEO, une étude transversale réalisée auprès de travailleurs québécois provenant de 39 entreprises du Québec clientes d’une compagnie d’assurances. Sur le plan de la stratégie analytique, l’analyse en classes latentes (ACL) a été utilisée pour dégager les profils types de cooccurrence entre le harcèlement psychologique et la détresse psychologique, et pour examiner quelles caractéristiques de l’environnement immédiat de travail s’y associaient. 

Résultats : Les résultats menés sur un sous-échantillon (n=1950) conduisent à trois profils types :

  1. Travailleurs relativement sains;
  2. Harcèlement psychologique (sans violence physique) et détresse psychologique modérés;
  3. Harcèlement psychologique (violence physique, harcèlement psychologique et sexuel) et détresse psychologique élevés.

Comparativement aux deux autres profils types, le type 3 montre une concentration plus élevée de risques psychosociaux. Nous retrouvons les facteurs du travail suivants : les demandes psychologiques, l’insécurité en emploi, la supervision abusive, les heures totales travaillées, le soutien social des superviseurs et la fréquence d’horaires irréguliers. Comparativement au profil type 2, ces facteurs explicatifs sont encore plus fortement associés à la classe 3.

En conclusion, nos résultats suggèrent qu’une saine gestion des risques psychosociaux issus de l’environnement immédiat de travail pourrait comporter un avantage dans la prévention commune du harcèlement psychologique et de la détresse psychologique chez les travailleurs.


Référence bibliographique

TMIMI, Sanaa (2017). Cooccurrence entre le harcèlement psychologique et la détresse psychologique chez des travailleurs québécois [Mémoire de maîtrise, Université de Montréal]. Papyrus : https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/20343http://asstsas.qc.ca/publication/travail-et-sante-mentale-des-resultats-de-letude-salveo .

Source : Revue RH, volume 23, numéro 3, septembre/octobre 2020.

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