Vous lisez : COVID-19 : se préparer à l’après-crise

La pandémie mondiale qui nous touche actuellement est, sans contredit, le sujet sur toutes les lèvres. On sent la peur et l’insécurité des gens, mais aussi des entreprises. Faut-il s’inquiéter d’un ralentissement de l’économie? Si l’on se fie à la situation en Chine, il vaut mieux se préparer.

On constate que l’économie en général fonctionne aux trois quarts de ce qu’elle était avant la crise, et ce, un mois après le retour au travail. De plus, les ventes des commerces de détail ont chuté de 20,5 % (Le Monde, 23 mars 2020). Nous ferons face à plusieurs changements et contraintes, mieux vaut être disposé à y faire face. Il faut penser à la main-d’œuvre disponible, la formation, les activités de l’entreprise, l’approvisionnement, les mesures d’hygiène, le travail à distance ainsi que la santé mentale des travailleurs.

Les entreprises devront être, plus que jamais, créatives et proactives pour surmonter les défis qui viendront à la suite de la crise. Il est toutefois judicieux de prendre le temps de réfléchir dès maintenant aux diverses mesures et solutions qui pourraient aider les compagnies à survivre dans un futur contexte économique ralenti. On peut s’attendre à un déplacement de la main-d’œuvre de certains secteurs vers d’autres plus prolifiques. L’industrie du tourisme, du voyage et du commerce de détail seront assurément affectés. Par contre, il s’agit d’une opportunité pour l’industrie de la construction selon l’APCHQ ou le secteur de la santé (Le Devoir, 30 avril 2019), qui clament un manque criant de main-d’œuvre depuis belle lurette. Les recruteurs devraient mettre à jour les descriptions d’emploi et établir les profils de candidats recherchés. Les programmes de formation devraient être à jour et les dirigeants devraient se préparer à intégrer de nouveaux travailleurs intéressants qui ont de l’expérience de travail dans des domaines très différents. La patience et l’indulgence envers ce nouveau bassin disponible pourraient permettre d’atténuer la pénurie de main-d’œuvre qui fait la manchette depuis des mois.

On peut aussi procéder à une diversification des activités de l’entreprise. Que ce soit en développant de nouvelles activités insoupçonnées au sein de secteurs où l’économie reprend plus rapidement ou en encore, en changeant les méthodes de ventes. Les commerces devront travailler sur l’amélioration de l’expérience d’achat en ligne et de systèmes efficaces de livraison.

Il faut aussi tenir compte de la chaîne d’approvisionnement. On doit s’attendre à une pénurie de certains produits, une difficulté à se procurer certains biens dans de courts délais et un accroissement volontaire des achats locaux pour stimuler notre économie. Il faut se préparer à s’adapter aux nouvelles réalités des marchés.

De plus, il y a aura certainement à long terme, une conscience grandissante des travailleurs envers les mesures d’hygiène de base. Les entreprises devront s’assurer de fournir des installations sanitaires adéquates dans tous les milieux et cela deviendra peut-être un enjeu crucial pour plusieurs travailleurs. Ce qui semble être une évidence pour plusieurs pourrait venir influencer le choix de carrière de certains candidats.

De surcroît, on devrait logiquement constater une augmentation du télétravail. La situation nous y a obligés, plusieurs mythes sur la baisse de productivité (Conseiller, 2018) et l’impossibilité d’avoir un contrôle pourraient disparaître au profit d’une diminution des coûts et d’une amélioration de la conciliation travail-famille. Plusieurs entreprises auront désormais l’équipement et les infrastructures nécessaires au télétravail.

Les ventes des commerces de détail ont chuté de 20,5 % (Le Monde, 23 mars 2020).

Autre volet non négligeable, on doit penser à la santé mentale des travailleurs. Certains souffriront de leur période d’isolement et d’autres pourraient avoir perdu des membres de leur entourage. Il faudra s’assurer d’avoir les ressources nécessaires pour affronter ces problèmes, à savoir : un programme d’aide aux employés, des assurances collectives qui répondent aux besoins des travailleurs, une compréhension et un appui des divers responsables de l’entreprise et une préparation d’activités sociales qui seront d’une extrême nécessité au terme d’une longue période de confinement.

Enfin, rien ne vaut une bonne préparation pour affronter les périodes plus difficiles qui suivront l’isolement des travailleurs. Plus que jamais il sera important pour les entreprises de se placer en mode agile, d’être flexibles et de s’adapter aux nouvelles réalités. Selon, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, une reprise de l’économie mondiale est prévue pour 2021 (La Presse, 23 mars 2020). Il faut rester optimiste et survivre à cette crise temporaire.


Références bibliographiques

Source : Revue RH, volume 23, numéro 2, avril/mai/juin 2020.

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