Vous lisez : Prévention en santé psychologique : bonjour, je m'appelle Michel

En ce début de décennie, il devient souhaitable que l’on parle de santé mentale ou de santé psychologique en milieu de travail. Encore trop de gens ne trouvent pas écho à leur souffrance au travail. Mais il y a des espaces de sensibilisation et de prévention. Et à force de les utiliser, il deviendra plus aisé de parler de santé psychologique, tout comme on parle de santé physique.

« “Bonjour, je m’appelle Michel, et je suis humain!” Cela pourrait être mon introduction dans un groupe de soutien destiné aux personnes dont la santé mentale présente un degré de fragilité quelconque. Ce groupe inclurait toute la population si tout le monde avait une conscience de soi à ce sujet. Jusqu’à récemment, j’ai occupé un poste de direction dans l’un des meilleurs cabinets-conseils internationaux. Un an avant mon départ, j’ai fait un burnout, qui m’a forcé à prendre un congé de quatre mois. Mon retour au travail a été bref, car je me suis rendu compte qu’un départ définitif de l’entreprise, après treize ans, était dans mon intérêt. Mon approche, face à mon propre défi, consistait à discuter ouvertement de la situation avec mes pairs et mes employés. C’était ma façon de démontrer qu’il ne devrait y avoir aucune honte ou stigmatisation autour de la question de la santé mentale. J’ai réalisé rapidement que le tabou persiste et qu’il reste encore beaucoup à faire à ce sujet dans le milieu du travail.

« En offrant des opportunités de formation et de sensibilisation par le biais de discussions, d’ateliers de prévention ludiques, les entreprises déstigmatiseraient cette réalité et encourageraient les employés de sortir de leurs douleurs silencieuses.

« Je crois que les programmes de mieux-être en entreprise, comme celui proposé par le CAP, continueront d’évoluer. J’espère que l’on accordera plus d’attention à la santé mentale et au bien-être émotionnel des employés afin de consolider l’humanité des entreprises. Cela rend tout le monde plus fort, plus productif et plus heureux. » (Michel Garneau)

Comme Michel, bon nombre d’employés souffrent aujourd’hui de ne pas trouver un écho rassurant aux souffrances qu’ils vivent dans leur milieu de travail. Malgré toutes les campagnes actuelles de sensibilisation visant à éliminer les problèmes de santé mentale, cela demeure un tabou. La pression de performance et les défis liés aux transformations et à l’accélération des rythmes quotidiens, augmentent le risque d’épuisement professionnel. Nous savons maintenant que la santé mentale est un enjeu prioritaire du 21e siècle. Au cours des dernières années, les problèmes de santé psychologique au travail ont connu une croissance sans précédent. Afin de contribuer à développer des pratiques de gestion favorables à la santé de leurs équipes et prévenir la détresse psychologique dans leur milieu, les gestionnaires ont tout intérêt à intégrer des ateliers ludiques de prévention, de détente et consolidation d’équipe originaux afin que l’entreprise soit un lieu de collaboration et de productivité épanouissante.

Nul ne remettrait en cause l’importance de prendre soin de sa santé physique, il devrait en être de même pour notre santé mentale.

Prévenir, pour éviter l’essoufflement

Le CAP (Centre d’Apprentissage Parallèle de Montréal) offre depuis 35 ans des services en santé mentale et en développement personnel par le biais de l’art et de l’art-thérapie. La ressource s’est ouverte récemment à la prévention grâce à un partenariat avec la Banque Nationale, et quelques autres entreprises soucieuses de la bonne santé de leurs employés. Le programme Prévenir offre l’opportunité d’ateliers de groupe, accompagnés par des professionnels de l’art-thérapie. L’accent est mis sur la détente et l’aspect ludique. Il ne s’agit ni de trop « psychologiser » ni de performer artistiquement.

« Nous avons eu la chance de participer à une activité de prévention et de consolidation d’équipe proposée par le CAP. Les exercices sont à la fois simples et complexes. Les séances ont permis de rire et de lâcher prise (les collègues ont compris qu’ils ne sont pas dans la performance, mais plutôt dans expérimenter à travers une nouvelle approche), de passer deux heures au travail sans forcément être dans un bureau (ce qui élimine les barrières de hiérarchie ou de niveau) de faire attention à l’autre et de comprendre que la “symphonie” dépend de tous, de se concentrer et de se coordonner avec des gestes simples.

« En conclusion, nous avons beaucoup apprécié cette activité, et nous avons même incité les autres membres de notre équipe à en profiter. Nous vous recommandons vivement d’ouvrir le débat sur la stigmatisation de la santé mentale au travail en participant à ce genre d’initiatives hors des sentiers battus. Également le programme de prévention PRÉVENIR, mis en place par le CAP, est une autre action efficace et facile! Nous allons continuer à mettre ce sujet sur la table, pour mieux aider et sensibiliser davantage nos employés à leur bien-être émotionnel. » (Équipe Opérations Transformation Innovation, Banque Nationale du Canada)

Quand on pense santé mentale, on a tendance à penser à des symptômes graves qui semblent loin de notre réalité. Cela nous amène parfois à sous-estimer ou à ignorer des symptômes dans notre quotidien qui indiquent que quelque chose ne va pas. Par exemple, se lever chaque matin avec une boule dans l’estomac, avoir tendance à s’isoler, vivre du stress généré par des espaces ouverts ou même le télétravail… Ce sont tous des symptômes à ne pas négliger.

Si l’on considère que la santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut réaliser son propre potentiel et faire face aux situations normales de la vie et au stress qu’elles génèrent, la personne en bonne santé mentale peut activement contribuer à la société et travailler de façon productive. La santé mentale est donc un état de bien-être physique, mental et social complet et n’est pas simplement l’absence de troubles mentaux. Il est important de développer des habiletés d’adaptation et de gestion du stress, de prendre le temps de faire des activités plaisantes en milieu de travail, et de savoir comment obtenir de l’aide professionnelle si nécessaire.

Il existe des solutions et de l’aide professionnelle qui permettront de prendre soin de sa santé mentale et de retrouver le bon cap. Le Centre d’Apprentissage Parallèle de Montréal en est une.

Source : Revue RH, volume 23, numéro 1, janvier/février/mars 2020.

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