Vous lisez : performance des organisations et bien-être des employés
Le gouvernement devrait déposer sous peu un projet de loi qui vise à moderniser la Loi sur les normes du travail. L’Ordre a salué cette initiative, car il est clair que cette loi qui fixe les standards minimaux des conditions de travail au Québec a besoin d’être revue à la lumière des nouvelles réalités du monde du travail.

La conciliation travail-vie personnelle devra être au coeur de cette mise à jour. Bien que de très nombreux employeurs soient proactifs et comprennent à quel point cette conciliation est un élément d’attraction et de rétention des talents, dans plusieurs industries et pour certains types d’emploi, le minimum établi par la Loi est non seulement la norme, mais aussi le plafond.

Pendant nombre d’années dans ma carrière, j’ai géré des budgets de fonctionnement dans des secteurs d’activité où la masse salariale est le principal investissement et où les marges de profit sont minces. Je comprends donc les arguments des employeurs et de leurs représentants qui désapprouvent toute mesure qui vise à augmenter leur masse salariale et les pressions réelles ainsi exercées sur les coûts de fonctionnement.

Néanmoins, nous sommes dans une ère où on doit dépasser la seule considération de ce que représentent ces coûts directs sur les revenus. C’est une vision à trop court terme qui ne prend pas en compte les coûts de roulement de la main-d’oeuvre, de la perte d’expertise, des impacts sur la charge de travail des collègues, sur le climat de travail et sur la réputation de l’employeur. Toute mesure de conciliation travail-vie personnelle constitue en fait un investissement dont le rendement est très positif.

L’Ordre a fait plusieurs recommandations au gouvernement dans le cadre de la révision de la Loi sur les normes, notamment en ce qui a trait à des congés de maladie et personnels, à l’étalement des heures et aux vacances. Mes collègues du côté patronal les trouveront trop généreuses et nos collègues des syndicats, insuffisantes. Mais c’est là toute la pertinence de notre profession : être en mesure de comprendre les enjeux et souhaits des employés et des employeurs, d’avoir un regard neutre et objectif et de chercher l’équilibre entre la réussite des organisations et le bien-être des employés. De toute façon, elle est révolue depuis longtemps l’époque où le succès des unes n’était possible qu’au détriment des intérêts des autres.

Source : Revue RH, volume 21, numéro 1, janvier/février/mars 2018.

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