Vous lisez : Êtes-vous prêts à collaborer avec un chatbot?

Vous ne savez pas ce qu’est un chatbot? Pourtant, vous interagissez probablement déjà avec lui quotidiennement quand vous vous adressez à Siri sur votre iPhone. C’est l’intelligence artificielle (IA) qui répond à nos questions en puisant dans sa base de données.

Plusieurs entreprises expérimentent actuellement les chatbots pour répondre rapidement aux questions courantes des clients et des employés. C’est le cas, entre autres d’Axa, de Slack, SAP et d’Estée Lauder. Dans le domaine des ressources humaines, l’IA permet d’interagir avec les candidats tout au long du processus de recrutement, de la réception du CV jusqu’à l’embauche.

Puisque l’IA repose sur les principes de l’apprentissage profond, on assiste aussi à son émergence dans les processus de développement des compétences et de l’autonomie. C’està- dire que l’intelligence artificielle se définit par la capacité de la machine à apprendre et à créer sa propre logique, ce qui introduit une distance avec ce qui était standardisé. Facebook l’a appris à ses dépens lorsque deux robots programmés pour négocier se sont mis à développer leur propre langage en quelques minutes.

À l’heure actuelle, l’IA sert surtout à libérer l’humain de tâches simples. Mais une fois l’IA améliorée, valoriserons-nous équitablement l’autonomie des humains par rapport à celle des assistants virtuels?

49 % des entreprises françaises prévoient avoir recours à l'intelligence artificielle pour leur recrutement (Deloitte France, Tendances RH 2017).

Rester à l’affût

Il est évident que la science et la technologie influencent grandement notre culture et nos organisations. L’information sur les machines, les employés et les clients, maintenant accessible de partout et 24 heures par jour par le biais d’Internet des objets (IdO) ou l’intelligence artificielle, permet aux dirigeants de savoir presque tout sur les comportements internes et externes.

Que devient alors la protection des libertés individuelles, de la dignité et de la vie privée? Ou encore : comment le service des ressources humaines justifiera-t-il l’équité entre les investissements consacrés aux humains vs ceux consacrés aux assistants virtuels (ce qui implique de revoir les coûts liés aux vacances, aux formations, aux absences, etc., vs les coûts liés aux mises à jour, erreurs d’algorithmes, pannes et réparations)? Bien des questions de rémunération restent à explorer, à approfondir et à valider.

De plus, certains avancent la possibilité d’instaurer un revenu minimum universel pour compenser les emplois à risque de disparaître avec la 4e révolution industrielle. Cette option est toutefois contestée par certains experts qui ont démontré que la technologie a créé bien plus de nouveaux emplois qu’elle n’en a éliminés. De plus, selon l’Institute for the Future en Californie, 85 % des métiers du futur n’existent pas encore.

Malgré tout, l’enjeu humain reste au cœur des tendances actuelles. Mais la complexité humaine dans sa grande diversité culturelle et de genre saura-t-elle déjouer le paradigme rationnel des sciences technologiques?

Source : Revue RH, volume 20, numéro 4, novembre/décembre 2017.
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