Vous lisez : Société : Le droit à la déconnexion

Le 1er janvier 2017, la France est devenue le premier pays à inscrire le « droit à la déconnexion » dans sa loi du travail. Chaque année, les entreprises comptant plus de cinquante employés devront donc négocier les « modalités […] du droit à la décon-nexion ». En vertu de ces modalités, les salariés pourraient jouir, en toute légalité, du droit de ne pas recevoir ce texto envoyé par un superviseur à minuit… un samedi.

Cette première législation entend encadrer ce que les experts nomment le travail tentaculaire, et les autres la « laisse électronique ». Car, avec la multiplication des tablettes et des téléphones intelligents — et le fait que les employés utilisent souvent leur appareil mobile tant pour le travail qu’à des fins personnelles —, il devient de plus en plus difficile de décrocher du boulot, quand le boulot est toujours au fond de sa poche!

Qu’en est-il de la déconnexion des canadiens pendant leurs vacances?

30 % Consultent leurs courriels une ou deux fois par semaine

6 % Les consultent une ou deux fois par jour

Ce n’est pas sans conséquence. La nouvelle loi votée par le gouvernement français a d’ailleurs été inspirée par des études sur l’augmentation du nombre de cas d’épuisement professionnel, un triste constat qu’on a tôt fait de lier à la charge mentale imposée par l’hyperconnectivité.

Le phénomène est de plus en plus documenté. Dans un récent sondage de la firme de recrutement Accountemps, un tiers des travailleurs canadiens déclaraient prendre des nouvelles du bureau « au moins une ou deux fois par semaine » pendant leurs vacances et 6 % le feraient même une ou deux fois par jour!

Et selon un autre sondage publié en mai 2017 par Glassdoor, 54 % des travailleurs américains pouvant prendre des vacances ou des congés payés affirmaient ne pas pouvoir « s’évader complètement »; 27 % affirmaient même que leur employeur s’attendait à ce qu’ils se tiennent informés des dossiers chauds au bureau pendant leurs vacances, quitte à intervenir au besoin.

Prendre une véritable pause du travail permet de récupérer, de se ressourcer; c’est un facteur avéré de bien-être au travail. Aussi, les gestionnaires ne devraient pas attendre que le droit à la déconnexion devienne une loi au Québec, car, disons-le, le besoin d’exister en dehors de la sphère professionnelle relève du gros bon sens!

Source : Revue RH, volume 20, numéro 2, juillet/août 2017.
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