Vous lisez : BIO-K + International : Des employés ambassadeurs

Qui ne connaît pas les fameuses petites capsules Bio-K +? Ces probiotiques ont fait leur chemin depuis les magasins de produits naturels jusqu’aux tablettes des pharmacies et même aux centres hospitaliers. Portrait d’une entreprise familiale aux valeurs fortes qui mise sur la reconnaissance et la mobilisation de ses employés.

Bio-K + International est née d’une rencontre. Celle de Claude Chevalier, ancien président du Bureau laitier du Canada, et du Dr François-Marie Luquet, chercheur et microbiologiste. Formé à l’Institut Pasteur en France, ce dernier avait réussi à isoler des souches de bactérie d’origine humaine, des cultures lactiques aux propriétés thérapeutiques remarquables. De fil en aiguille, cette rencontre a abouti en 1994 à la naissance de Bio-K + International, petite entreprise cofondée par Claude Chevalier et sa femme Monique Roy. Dès l’année suivante, les deux enfants du couple, Isabèle et François-Pierre Chevalier, se sont joints à l’entreprise, dont ils ont pris la relève comme coprésidents en 2011.

Aujourd’hui, l’entreprise compte plus de 120 employés au Canada et aux États-Unis. Depuis son lancement, Bio-K + a développé une grande variété de probiotiques, allant du lait fermenté à boire jusqu’aux capsules contenant 50 milliards de bactéries visant à lutter contre les maladies intestinales et infectieuses et à améliorer la qualité de vie des patients. L’efficacité de ses produits, notamment pour la diarrhée associée à la prise d’antibiotiques et le C. difficile, a été prouvée scientifiquement par plusieurs recherches cliniques et reconnue par Santé Canada. Ces produits sont d’ailleurs utilisés dans des hôpitaux partout au Canada et aux États-Unis. Au coeur de ce succès, une haute direction qui reconnaît la valeur de ses employés et de ses gestionnaires. Tour d’horizon.

3 conseils pour mobiliser ses employés

  1. Travailler de pair avec la haute direction et bénéficier ainsi de son soutien.
  2. Impliquer les employés dans les changements, ouvrir tout grand les canaux de communication.
  3. Responsabiliser les employés et reconnaître leur contribution.

Portrait des ressources humaines

Eliana Freitas, CRHA, gestionnaire des ressources humaines chez Bio-K +, est entrée en poste en mars 2015. À son arrivée, l’une de ses premières initiatives a été de soumettre un sondage à l’ensemble des employés au Canada et aux États-Unis, afin de réaliser un diagnostic RH. « Avant toute chose, je voulais que l’on ait en main un portrait clair des ressources humaines, une sorte de photo instantanée de la situation. La direction a totalement endossé cette démarche et m’appuie d’ailleurs dans les différentes stratégies RH », explique Mme Freitas.

Le sondage comptait plus de 70 questions, touchant tous les aspects de l’entreprise : environnement, rémunération, reconnaissance au travail, mobilisation, etc. « Les résultats ont été très positifs, se réjouit Eliana Freitas. Quatre vingt dix pour cent des répondants ont dit aimer travailler pour l’entreprise et leur taux de mobilisation atteignait 84 %. Ils souhaitaient toutefois que la communication soit plus claire et régulière. » Ces divers constats lui ont permis de lancer plusieurs chantiers et d’élaborer un plan stratégique avec la direction. « Nous avons amorcé un grand travail en 2015 visant à faire de nos employés nos meilleurs ambassadeurs. »

On a d’abord mis l’accent sur la communication, grâce à des réunions trimestrielles avec les employés, pour faire le point sur les projets, célébrer les succès, souligner les bons coups. « Ces rencontres formelles, des town hall meetings, remportent un vif succès et permettent à tous de savoir où en est l’entreprise et où elle s’en va. Cela a également augmenté le sentiment d’appartenance. » Ce sont Isabèle et François-Pierre Chevalier qui font la présentation lors de ces rencontres, donnant ainsi aux employés un accès direct à la haute direction, ce qu’ils apprécient énormément et accroît leur confiance et leur mobilisation.

On a aussi formé des groupes de discussion avec les gestionnaires intermédiaires, ce qui leur permet notamment de discuter des stratégies RH et de les tester. Selon Mme Freitas, « ils ont un contact étroit avec les équipes et ils sont en mesure de nous aider à anticiper les embûches. »

Par ailleurs, les cadres et les membres de la direction n’hésitent pas à mettre la main à la pâte. « Par exemple, nous avons tous oeuvré à tour de rôle à la production, durant les quarts de travail de jour, de soir et de nuit, pour faire de l’emballage, poser des étiquettes. Nous avons passé du temps sur le terrain avec les représentants des ventes. C’est de cette façon que l’on peut comprendre la réalité du travail. »

Des activités régulières de renforcement de l’esprit d’équipe permettent aussi de décloisonner les différents services et secteurs de l’organisation.

Miser sur la reconnaissance

Bio-K + International mise également sur la reconnaissance des employés. À cet égard, différentes mesures ont été prises pour donner suite au sondage organisationnel. Ainsi, un programme de reconnaissance des années de service a été implanté. « À cette occasion, explique Mme Freitas, la personne se voit accorder des journées de congé supplémentaires et reçoit un cadeau personnalisé. Nous demandons à son gestionnaire de nous donner des indices sur ce qu’elle aime pour s’assurer de lui donner quelque chose qui lui plaira vraiment. »

La fameuse journée « Gâté pourri » connaît aussi un succès retentissant. Pour remercier un employé qui s’est particulièrement distingué ou reconnaître ses bons coups, on lui accorde une journée durant laquelle il peut se faire gâter par tout le monde dans l’entreprise. « Par exemple, une personne a proposé que ses collègues fassent un don à un organisme caritatif. Une autre a demandé une journée axée sur les activités sportives et une employée a voulu avoir une journée pyjama. Durant ma propre journée « gâté pourri » la semaine dernière, les années 1980 devaient être à l’honneur. Mes collègues m’ont fait toutes sortes de surprises, ils se sont habillés à la mode de cette période, à l’heure du lunch nous avons fait un pique-nique en écoutant de la musique des années 1980… C’était incroyable! », raconte Mme Freitas en riant.

La PME voit aussi au bien-être de ses employés. En plus d’un gym et de menus santé, des massages sur place, des groupes de vélo, de soccer et de jogging sont organisés. Les produits Bio-K + sont également proposés gratuitement dans l’entreprise.

D’un autre côté, les groupes ethniques étant nombreux et variés dans ses rangs, l’organisation se démarque en matière de multiethnicité. Ainsi, elle favorise l’expression de celle-ci, par exemple lors de repas-partage où chacun est encouragé à apporter un plat de son pays d’origine ou lors du dernier party de Noël où l’on pouvait revêtir son costume traditionnel. Bio-K + a d’ailleurs remporté l’an dernier le prix Employeur Remarquable, jumelé à une mention spéciale dans la catégorie diversité ethnoculturelle, remis par le Bureau de normalisation du Québec.

« Toutes ces petites initiatives mises bout à bout permettent d’aller très loin. Nous avons une très bonne réponse des employés, ils se sentent à la fois écoutés et appréciés à leur juste valeur. Nous avons un adage chez Bio-K + que nous répétons souvent : Seul on va vite, ensemble on va loin. »

BIO-K + INTERNATIONAL EN CHIFFRES

  • La première caisse de produits vendue en 1996
  • 120 employés au Canada et aux États-Unis
  • Un laboratoire de recherche fondamentale situé à l’Institut Neomed
  • Un laboratoire d’analyse microbiologique et une usine de production situés dans le Parc scientifique et de la haute technologie à Laval
  • Une personne au service des ressources humaines

Source : Revue RH, volume 19, numéro 3, juin/juillet/août 2016.

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