Vous lisez : Prévention : La mise en forme psychologique

Dans les années 1970, la psychologie était surtout centrée sur une approche curative. Or, au Psychological Fitness Center de Los Angeles, des spécialistes californiens cherchaient déjà à développer une approche préventive de la psychologie, comme on le faisait dans le domaine de la santé physique. Voyons comment cela s’applique aujourd’hui.

On sait de plus en plus quoi faire pour se sentir bien dans son corps. Cela passe principalement par la mise en forme physique, c’est-à-dire une bonne alimentation, un sommeil adéquat, des périodes de détente et, bien sûr, l’exercice régulier. Bref, il s’agit d’adopter une routine de vie saine.

Et qu’en est-il de la bonne forme psychologique? Eh bien, le même concept s’applique, à savoir la mise en forme psychologique. De façon plus précise, celle-ci comprend quatre aspects que les auteurs appellent des « dynamiques ». Ces quatre dynamiques sont l’expression, la clarté, le contact et l’activité. Afin d’évaluer son niveau de forme psychologique, il s’agit de s’interroger sur son attitude à l’égard de chacun de ces aspects. Cette attitude peut être passive, soit ne rien faire et attendre que les choses évoluent d’elles-mêmes ou par l’action des autres, ou proactive en prenant des mesures afin d’améliorer la situation. L’expérience démontre que c’est en étant proactif envers chaque dynamique qu’on réussit à se procurer un bien-être personnel, donc à être en bonne forme psychologique.

L’expression

Lorsqu’un individu réprime l’expression d’un sentiment suscité par une situation problématique, il ne se sent généralement pas bien et il n’est pas fier de lui. Cette rétention crée une tension qui mine son équilibre psychologique. Par contre, s’il exprime ce sentiment correctement, son état de bien-être revient et son estime personnelle se renforce.

La clarté

Lorsqu’un individu n’est pas au clair sur lui-même (ce qu’il vit, pense, ressent) ou sur une situation problématique, il ne se sent pas bien. S’il clarifie ce qui le préoccupe ou s’il en prend conscience, son bien-être revient. Être au clair sur soi et les autres contribue au bien-être.

Le contact

Lorsqu’un individu n’a pas de contact physique ou psychologique (affectif) nécessaire avec une personne chère, il ne se sent pas bien. S’il obtient ce contact, son bien-être revient.

Selon sa personnalité, chacun a besoin d’un certain degré de contact avec les autres ; conjoint, enfants, amis… Ce contact peut être d’ordre physique (se toucher) ou d’ordre affectif (partager ses sentiments). Il peut être aussi de nature intellectuelle, certaines personnes ayant besoin d’être nourries par des échanges intellectuels enrichissants. Quel que soit le type de contact, bien se connaître aide à mesurer le degré souhaité.

L’activité

Lorsqu’un individu procrastine (remet une tâche à plus tard), il ne se sent pas bien. S’il passe à l’action, son bien-être revient. Certaines tâches telles que faire faire l’inspection de son automobile, rédiger un rapport ou réparer un objet sapent l’énergie d’une personne… tant qu’elle ne les a pas effectuées. Mais dès qu’elle passe à l’action, quel bonheur ; elle est proactive!

Les quatre dynamiques de la mise en forme psychologique comportent un certain degré d’interactivité. Par exemple, l’expression amène souvent l’individu à être plus clair avec lui-même et avec les autres, elle le rapproche de ses interlocuteurs et, par voie de conséquence, elle lui procure plus de contacts. Ainsi, sa proactivité dans la gestion de ses dynamiques a un impact direct sur sa forme psychologique.

Un outil de mesure

Tout professionnel en ressources humaines fait face dans sa pratique professionnelle à des personnes qui se questionnent sur leur forme psychologique. Parfois, elles n’arrivent pas à trouver les causes d’un inconfort ou se sentent déséquilibrées. En d’autres occasions, elles désirent simplement faire le point et mieux se connaître. Il existe un outil qui peut être utile afin d’amorcer une prise de conscience ou de prendre acte de l’évolution de la forme psychologique (voir figure 1). Basé sur les quatre dynamiques de la forme psychologique, il pourra enrichir le coffre à outils du professionnel RH.

Figure 1
FIGURE 1 – Selon la connaissance qu’à la personne d'elle-même, elle doit cocher son degré de proactivité (1 à 5, de passif à proactif) pour chaque dyna­mique. Plus le niveau de proactivité est élevé, plus la personne sera considérée comme ayant une bonne forme psychologique.

Source : Revue RH, volume 19, numéro 2, avril/mai 2016.


Références bibliographiques

  • Extrait de : La gestion de soi, comment être et devenir, Michel Maletto, Éditions Maletto, Montréal, octobre 2011, page 177.
  • Extrait de La gestion de soi, comment être et devenir, Michel Maletto, Éditions Maletto, Montréal, octobre 2011, page 131.
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