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Papier recyclé, ciseaux écolos, énergie renouvelable… nombreuses sont les organisations qui font un pas – parfois un grand saut – écologique et deviennent ainsi des employeurs de choix.

Elles s’engagent volontairement dans une telle démarche et vont jusqu’à implanter une véritable culture environnementale sur le lieu de travail. Des fournitures de bureau écologiques à l’analyse de l’impact environnemental des méthodes de travail, la vie au bureau se met au vert. Mais connaît-on bien les principaux gestes – petits ou grands – susceptibles de réduire son empreinte écologique? Voici quelques-unes des éco-habitudes à adopter d’urgence au quotidien…

Toujours plus de projets verts
Sur le plan international, l’Organisation des Nations Unies incite toutes les entreprises à adhérer au Pacte Mondial pour soutenir, à travers leurs opérations et leurs stratégies, le respect des normes de l’environnement. Les entreprises volontaires peuvent également intégrer l’Initiative de la Charte de la Terre, un réseau global et diversifié de personnes, d’institutions et d’entreprises. Ses membres utilisent la Charte de la Terre comme une sorte de « cadre éthique commun » dans leur dialogue avec leurs partenaires ou la société civile, favorable à un mode de vie durable et à l’intégrité écologique. Et de nombreuses organisations ont vu le jour avec l’objectif d’aider les entreprises à mesurer leur impact environnemental.

Sur le plan local, le gouvernement du Québec promeut le programme ICI ON RECYCLE! pour faire connaître les efforts et les bonnes pratiques de gestion des matières résiduelles. Par ailleurs, il existe une certification ISO 14001 utilisée dans le système de management environnemental d’une organisation. Pour soutenir ces efforts, des guides pour un bureau vert voient le jour, comme celui de la Jeune Chambre de commerce de Montréal ou celui du Mouvement des caisses Desjardins, qui aide le gestionnaire à devenir un modèle de conduite du bureau vert.

De réels impacts environnementaux
Les chiffres sont effarants… Une entreprise de deux cents personnes utilise en moyenne plus de soixante mille gobelets en plastique par an. Au Royaume-Uni, cinq milliards de ces gobelets sont jetés chaque année. Rappelons qu’il faut entre cent et mille ans pour qu’un simple gobelet en plastique se dégrade dans la nature. Par ailleurs, 90 % des millions de cartouches d’encre utilisées en France se retrouvent à la poubelle, générant soixante mille tonnes de déchets non dégradables. Si tous les stylos produits en Europe étaient en plastique recyclé, on économiserait au moins soixante-dix-huit mille tonnes de plastique en une année. À lui seul, un habitant canadien consomme en moyenne quatre-vingt-dix kilos de papier par an, ce qui représente plus d’un million d’arbres abattus.

Des initiatives incitatrices et exemplaires
Les initiatives pour réduire les effets des activités quotidiennes sur l’environnement sont souvent simples et efficaces. La plupart des grandes entreprises mettent à la disposition de leur personnel et de leurs clients des espaces de stationnement sécuritaires pour leur vélo et… des douches. À Montréal, les fameux Bixi, les vélos en libre-service, sont accessibles en tout temps, trois saisons par année.

Une autre manière de réduire les émissions de CO2 générées par les longs déplacements est d’investir dans les technologies de collaboration en ligne et de permettre le télétravail. Le covoiturage est par ailleurs une solution conviviale qui peut bénéficier d’un petit coup de pouce de la part de l’entreprise.

Cependant, plus économiques et moins polluants, les transports en commun constituent une alternative de choix. Ainsi, le Centre de formation et de transfert en technologies informatiques de pointe du CRIM a eu l’idée originale d’offrir gratuitement des titres de transports de la STM aux participants à ses sessions de formation (environ 2 800 personnes par année). Le Centre a même choisi de contribuer volontairement à Planetair, une organisation montréalaise à but non lucratif, en achetant des crédits de carbone pour compenser l’émission de gaz à effet de serre par ses clients. Son projet Zéro Carbone confère ainsi au CRIM le statut de premier centre de formation carboneutre au Québec (2008-2009). Grâce aux contributions volontaires, Planetair a notamment financé des projets d’énergie éolienne à Madagascar, en Turquie, en Nouvelle-Zélande…

Les bons écogestes au bureau
L’installation de plantes vertes est loin d’être le seul geste écologique sur le lieu de travail. Au bureau comme à la maison, voici quelques « bons » réflexes écologiques à adopter…
  • Réduire sa consommation de papier, diminuer la taille des caractères, imprimer en mode brouillon, en noir et blanc, en recto verso, utiliser du papier recyclable et réutiliser les feuilles de brouillon.
  • Recharger et recycler plutôt que de tout jeter : papier, cartouches d’encre, piles, crayons, etc.
  • Préférer la lumière naturelle en plein jour et éteindre les lumières artificielles en quittant le bureau (surtout le vendredi soir!). Une heure d’éclairage en moins, c’est 50 à 100 kWh d’économisés!
  • Changer les ampoules à forte consommation d’électricité pour des ampoules fluocompactes.
  • Éviter de surchauffer le bureau en hiver et de trop le climatiser en été.
  • Utiliser des thermostats programmables pour régler la température du bureau.
  • Oublier les gobelets jetables et prendre son café dans une tasse personnelle.
  • Éteindre son ordinateur dès que possible et choisir un équipement informatique faible en consommation d’électricité.
Des guides d’achat éthiques à la déco écolo chic
Pour introduire une « culture verte », certaines entreprises n’hésitent pas à miser sur un design écolo. Un courant de déco écolo chic est même né du désir de satisfaire la nouvelle conscience environnementale. Si on est en quête de fournitures de bureau ou d’objets publicitaires écologiques, il existe toute une sélection de produits équitables sur le marché : cartouches d’impression recyclées, marqueurs écologiques, bâtons de colle sans solvant, agrafeuses sans agrafes, crayons en bois FSC (qui provient de forêts exploitées de façon écologique), stylos en plastique recyclé, surligneurs rechargeables, correcteurs à base d’eau, gommes en caoutchouc naturel, écran d’ordinateur à cristaux liquides, vaisselle biodégradable, objets en bois de hêtre… Les matières et les matériaux doivent être naturels et non traités ou recyclés. Les procédés de fabrication sont écologiques, grâce à des produits non chimiques.

Parfois, c’est tout un secteur d’activité qui s’engage dans ce créneau comme l’hôtellerie haut de gamme « écolo-chic ». Ces nouveaux codes de conduite n’ont pas échappé au flair des marchands de nouvelles tendances. Mais certains y voient aussi un véritable art de vivre qui doit guider nos achats et nos comportements.

Plus-value économique
De nombreuses entreprises estiment qu’il est de leur responsabilité de veiller à ne pas détériorer l’état de la planète. Toutefois, plusieurs d’entre elles ont d’autres raisons de s’intéresser à l’environnement : économiques, commerciales, marketing… Elles savent que les bonnes habitudes écologiques peuvent permettre des économies non négligeables. Elles devinent que la conscience éthique de l’entreprise suscite la fierté du personnel. Certaines essuient le refus d’un candidat à un poste parce que l’entreprise est négligente sur le plan environnemental. Elles veulent susciter la confiance de leurs clients, en accordant leurs gestes à leurs paroles. Elles ne veulent pas que leur image publique soit celle d’un pollueur.

Changer ses habitudes au travail, cela ne change pas le monde, mais un engagement crédible et durable de l’ensemble des entreprises pourrait bien changer la face de l’environnement!

Myriam Jézéquel, journaliste indépendante

Source : Effectif, volume 13, numéro 5, novembre/décembre 2010.


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