Vous lisez : Titre professionnel : Peut-on omettre de l’afficher?

Stéphanie Murray*, CRIA est conseillère en ressources humaines dans une grande entreprise. Dans le cadre de son travail, elle doit rédiger une chronique pour le bulletin mensuel de l’entreprise. Elle écrit donc l’article et le signe en mentionnant son titre professionnel. Après lecture, son supérieur lui demande de retirer son titre professionnel parce qu’il veut éviter toute possibilité d’association dans le but de préserver, le plus possible, la neutralité du bulletin. Stéphanie est mal à l’aise face à cette requête et se demande quoi faire…

Stéphanie a bien raison de se questionner. En principe, l’employeur de Stéphanie n’est pas lié par les règlements de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés auxquels sont assujettis les CRHA et CRIA. Il pourrait donc, pour une raison ou pour une autre, lui refuser le droit d’afficher son titre professionnel à la fin de sa chronique dans le bulletin de l’organisation. Mais il demeure que cette situation place Stéphanie dans une situation très inconfortable : le refus d’afficher son titre professionnel l’obligerait à contrevenir à plusieurs dispositions de son code de déontologie.

En effet, dans la présente situation, elle contreviendrait à l’article 32 du Code de déontologie qui prévoit que le membre doit s’identifier auprès du client comme étant membre de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Par conséquent, lorsqu’elle exerce la profession, Stéphanie doit utiliser son titre professionnel auprès de son client ou de ses clients.

De surcroît, à titre de membre de l’Ordre, Stéphanie doit contribuer au développement de la profession selon l’article 75 du Code de déontologie. Elle peut contribuer à son rayonnement par l’échange de ses connaissances et de son expérience avec les autres membres de l’Ordre et les étudiants, ainsi que par sa participation aux activités, aux cours et aux stages de formation.

Mais ce rayonnement passe également par l’utilisation de son titre, ce qui promeut la profession et la fait rayonner davantage. Ainsi, en s’affichant comme membre de l’Ordre, Stéphanie permet au public et au client de savoir qu’elle est assujettie à un code de déontologie, à l’inspection professionnelle, à la formation continue obligatoire, etc. Ce titre est donc un gage de compétence pour le public et ses clients.

Conséquemment, dans cette situation délicate, Stéphanie se doit de sensibiliser son employeur, avec tact et diplomatie, à cet enjeu. Elle doit lui rappeler l’importance d’utiliser son titre professionnel dans le cadre de sa pratique de conseillère en ressources humaines et lui expliquer les obligations déontologiques et réglementaires auxquelles elle est soumise.

*Nom fictif

[L’employeur] pourrait donc, pour une raison ou pour une autre, lui refuser le droit d’afficher son titre professionnel à la fin de sa chronique…

Source : Revue RH, volume 19, numéro 1, janvier/février/mars 2016.


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