Vous lisez : Optimiser le trajet domicile/travail

C’est toujours le même trajet, la même routine pour se rendre au travail. Matin et soir, il y a tous ces kilomètres à parcourir, ces longues minutes où l’on est coincé dans les embouteillages, cette course contre la montre pour arriver à l’heure. Et si on changeait sa façon d’aborder ce temps de transition? Comment optimiser le trajet entre le domicile et le travail pour éviter ennui ou frustration?

Le temps passé à se déplacer


Selon une enquête de Statistique Canada réalisée en 2010, les travailleurs canadiens prennent trente minutes en moyenne pour se rendre quotidiennement au travail dans les grandes villes. Près de 40 % des travailleurs résidant à Montréal se déplacent en transport en commun. Pour la plupart d’entre eux, le temps de déplacement pour se rendre au travail est d’environ quarante-quatre minutes.

Le sondage révèle également que la majorité des travailleurs sont satisfaits de la durée de leurs déplacements. On constate toutefois sans étonnement que les plus insatisfaits sont ceux qui vivent avec stress les longues durées de déplacement. Calculer son temps de trajet par semaine, par mois et par an peut donner une bonne idée du temps consacré aux déplacements. Pour éviter d’avoir l’impression de perdre son temps – et de subir péniblement cette attente –, mieux vaut utiliser ce temps libre à bon escient, selon ses besoins ou ses désirs.

Bien choisir son moyen de transport
Le mode de transport joue un rôle crucial dans le fait d’apprécier ou non ce temps de déplacement. Automobile, transport en commun, covoiturage, marche, vélo ou patins à roulettes... tous ces moyens de locomotion sont sans commune mesure! Mais la majorité des gens vivent ce moment de transition comme un véritable intervalle de décompression. Détente pour les uns, exercice pour les autres, ce déplacement à pied ou motorisé contribue, disent-ils, à leur équilibre de vie. Certains avouent avoir besoin de cette parenthèse pour se déconnecter du bureau, se couper peu à peu des préoccupations du travail et reprendre pied dans la réalité de leur vie conjugale ou familiale.

Pour améliorer son mode de transport, il est préférable de bien connaître ses besoins. En effet, chaque moyen de transport a ses mérites. Se déplacer en voiture peut faire apprécier ce temps de solitude pour soi ou ce temps partagé avec son conjoint ou son enfant. C’est encore la solution la plus souple si l’on multiplie les arrêts en chemin (écoles, épicerie, pause café-journal...). Si l’on aime la compagnie, les solutions de covoiturage offrent l’avantage d’être aussi conviviales qu’économiques, à condition de bien s’entendre bien sûr! Pas question de passer tout le trajet à parler boulot quand les autres passagers préféreraient papoter de tout et de rien (cuisine, activités de fin de semaine, école des enfants, sorties culturelles...). On peut apprécier les transports en commun si on manque de temps pour lire ou écrire, s’informer ou s’évader. En ce sens, le trajet le plus court n’est pas toujours le moins fatigant. Mieux vaut, parfois, partir plus tôt de chez soi ou opter pour un trajet plus long. Le degré de vigilance sur une voie congestionnée ou le nombre d’arrêts en transport en commun peuvent faire la différence entre un trajet stressant et un autre qui est relaxant...

Idées pour optimiser ce temps de déplacement
Les contrariétés et les motifs de frustration peuvent être nombreux alors même que la journée ne fait que commencer : déneigement de sa voiture, circulation bloquée, aléas des transports en commun, longues files d’attente, problèmes de stationnement, etc. Alors, comment utiliser à bon escient ce temps de déplacement pour en faire un « temps pour soi »? Certains mettront cette période à profit pour faire le point sur leur journée de travail, prendre du recul sur les événements ou simplement... réfléchir. Il est aussi possible, quand on utilise les transports en commun ou qu’on fait du covoiturage, d’épargner du temps ou de rattraper du retard en prolongeant de multiples façons sa journée de travail : écoute des messages téléphoniques, réponse aux courriels, lecture de documentation, préparation d’une réunion, liste de suivis à faire, planification de sa prochaine journée de travail, etc. Aussi incroyable que cela puisse paraître, toutes ces habitudes mentales peuvent accroître sensiblement mémoire, attention et concentration.

Et pourquoi ne pas tirer avantage de ces heures passées en transport pour aiguiser ses compétences ou ses connaissances (apprentissage d’une autre langue, livre audio ou électronique, émission de radio, etc.)? En s’assurant toutefois d’avoir une bonne disponibilité d’esprit... Surfer sur le web, envoyer des messages textes, lire ses courriels au volant de sa voiture, ce n’est pas la meilleure idée!

Profiter agréablement de cette période libre
Le temps manque pour aller à des concerts ou à l’opéra, au théâtre ou au cinéma? Qu’à cela ne tienne : on peut profiter des longs trajets pour se ressourcer et écouter son chanteur préféré, pour regarder un film ou un feuilleton sur sa tablette ou son téléphone intelligent. D’autres profiteront de ce moment libre pour bien organiser leur soirée ou leur fin de semaine : idées de repas, activités avec les enfants ou le conjoint, liste de courses, etc. Autre idée : faire une pause collation et dégustation pour savourer tranquillement cet instant de grignotage. L’important est de reprendre contact avec ses sensations ici et maintenant et d’être présent à soi-même.

Selon les psychologues, une journée ordinaire devrait être rythmée en épisodes d’activités et de repos. Respecter ce rythme naturel de vie et alterner efforts et repos favoriseraient l’équilibre personnel. Voilà pourquoi il est important de trouver un moment pour se déconnecter d’une journée de travail qui a souvent nécessité une attention soutenue. Gare aux risques d’épuisement professionnel, si le mode de transport prolonge la durée d’éveil attentionnel (de vigilance), au lieu de permettre de relâcher la pression! Les cas de rage au volant (conduites agressives) sont loin d’être anecdotiques. Ils sont d’autant plus fréquents que le temps de déplacement prolonge une période d’intense activité cérébrale ou équivaut à une tension nerveuse supplémentaire.

En faire un temps de récupération ou de découverte
La façon dont on utilise ce temps de transition peut fortement influer sur son bien-être au quotidien. Ce moment dégagé de toute attente peut être une parenthèse libre de tout impératif. Alors, pourquoi ne pas profiter du fait d’avoir l’esprit au repos pour se détendre aussi physiquement? Une légère sieste peut recharger les batteries... en transport en commun bien entendu! Une autre façon de décompresser est de varier le trajet et d’éveiller l’esprit de découverte. De fait, modifier son itinéraire pour aller travailler ou rentrer à la maison solliciterait certaines zones spécifiques du cerveau : souplesse, curiosité, sens de la découverte... Or, un peu de nouveauté dans une journée de travail routinière est du meilleur effet psychique. L’idée est aussi simple qu’efficace: chaque jour, si possible, prendre ce temps de déplacement entre la maison et le travail pour relaxer, lâcher prise, se ressourcer. Voilà de quoi débrayer progressivement, gagner en « zénitude » et compenser agréablement bien des petites contrariétés!

Myriam Jézéquel, journaliste indépendante

Source : Effectif, volume 16, numéro 2, avril/mai 2013.


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