Vous lisez : Le leadership… cela s’apprend!

Selon les résultats d’un sondage fait par l’Ordre auprès de ses membres, 25 % seulement des répondants considèrent que leur entreprise possède suffisamment de bons dirigeants aux divers niveaux hiérarchiques. Cela vaut sans doute également pour les professionnels de la gestion des ressources humaines.

Ce n’est pas faute d’insister, depuis quelques années, sur notre rôle stratégique grandissant. Mais de quoi est-il question exactement ? En fait, il s’agit d’influencer le processus de décision des organisations relativement aux ressources humaines. Pour ce faire, nous devons prendre une place de plus en plus importante dans le conseil de direction des entreprises. Évidemment donc, on parle de leadership…

J’ajouterais même que, pour répondre aux attentes et relever les défis auxquels nous ferons face très prochainement – il suffit de penser à la grave pénurie de main-d’œuvre qui menace nos entreprises –, chacun d’entre nous devra affirmer son leadership dans les différents champs de la profession, et ce, à tous les niveaux de l’organisation.

Car le leadership, à mon avis, ne doit pas s’exercer uniquement dans les hautes sphères de décision. Il n’est pas l’apanage des cadres supérieurs. Le rôle de leader peut s’exprimer dans les fonctions administratives de la profession et on peut démontrer des compétences de chef de file dès le début de sa carrière.

Un nouveau modèle…
Les besoins de changement seront toujours présents et nous serons constamment confrontés à de nouveaux défis dans chacun des postes que nous occuperons. Pour devenir de véritables leaders, nous devons sortir des rôles traditionnels et adopter un nouveau modèle. En effet, pour soutenir nos organisations, nous assumerons souvent plus de responsabilités dans des fonctions en transformation continue. Dans ce contexte, il nous faudra franchir les obstacles, élaborer des stratégies efficientes qui font appel à la collaboration de tous pour permettre ultimement à notre entreprise de conserver sa place sur son marché.

Pour bien remplir ce rôle de leader, je pense qu’à la base, nous devons adhérer à des valeurs comme l’intégrité, la collaboration, le respect de la différence, le souci du bien commun, l’écoute et la recherche du consensus. Toutes des valeurs en interdépendance, selon moi.

Nous aurons aussi à démontrer des compétences particulières, telles la capacité de prendre en charge le changement ou celle de créer un milieu de travail où tous les partenaires comprennent leur rôle. C’est ce que le véritable leader fait : accompagner, encadrer, former, encourager, motiver. L’ingéniosité en négociation, la communication efficace, l’aptitude à mobiliser une équipe, à motiver ses collègues, la créativité qui permet de concevoir des solutions novatrices et de convaincre la direction de leur bien-fondé doivent désormais faire partie de notre coffre à outils.

Inné ou acquis?
Souvent, notre modèle sera un « leader naturel », instinctivement articulé, visionnaire, créatif, capable d’utiliser les atouts de ses pairs ou de ses subalternes pour trouver des solutions. C’est la personne qui, grâce à un savoir-être inné, a la capacité de se conduire comme un leader, d’influencer son entourage, de susciter l’adhésion à ses projets.

Mais le leadership, c’est un rôle qui peut se développer et se renforcer, au moyen d’outils tels le mentorat et le coaching. C’est un savoir-faire qui peut aussi s’acquérir à divers stades de la profession, et même dès le début, avec l’aide de professionnels chevronnés qui agissent à titre de mentors auprès des jeunes cadres.

C’est ce qui nous permettra, tout au long de notre carrière, de contribuer à la création d’un milieu de travail productif, axé non seulement sur la réussite et sur la productivité, mais aussi sur le mieux-être de chacun des travailleurs.

Bref, je pense que si nous voulons devenir des chefs de file dans notre sphère d’influence, un leadership proactif est une nécessité en cette période de bouleversement dans le monde du travail. Pour l’exercer efficacement, et relever les défis majeurs qui se présentent à nous, nous devons non seulement bien connaître notre organisation, mais encore être capables d’avoir une influence afin d’obtenir l’adhésion agissante des personnes à nos idées, orientations, projets et actions. C’est grâce à une approche de leadership, fondée sur la collaboration, le travail d’équipe, la recherche de consensus et l’action concertée, que nous y parviendrons.

Alain Desgagné, CRIA, président du conseil d’administration

Source : Effectif, volume 11, numéro 1, janvier/février/mars 2008.

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