Vous lisez : Les défis urgents de recrutement dans l’industrie des TIC

D’après les données de l’Enquête sur la population active que Statistique Canada a publiée en novembre 2020, pas moins de 262 000 professionnels œuvrent dans ce secteur d’activité au Québec, soit 132 300 dans des entreprises spécialisées dans les TIC et 129 500 dans des organisations relevant d’autres domaines économiques.

Et cette industrie est en pleine croissance. Selon TECHNOCompétences, le comité sectoriel de main-d’œuvre en TIC, le nombre d’emplois dans les TIC a bondi de 80 % entre 2006 et 2020, contre 19 % dans l’ensemble de l’économie québécoise. La demande de main-d’œuvre a été plus pressante ces quatre dernières années, alors que plus de 38 000 offres d’emploi ont été affichées. 

Le ministère de l’Économie et de l’Innovation estime que l’industrie des TIC représente 3 % du marché du travail au Québec et qu’elle génère 5 % du produit intérieur brut.

L’effet de la pandémie de COVID-19

En raison de l’implantation à grande échelle du télétravail pendant la pandémie de COVID-19 et du recours aux technologies (infonuagique, cybersécurité, Internet des objets, intelligence artificielle et mégadonnées), les services de l’industrie des TIC sont plus que jamais recherchés.

« Avant même la crise sanitaire, il y avait déjà un enjeu de rareté de main-d’œuvre, affirme la directrice générale de TECHNOCompétences, Mélanie Bosc. La pandémie a accéléré le virage numérique, ce qui veut dire que plus de professionnels en TIC sont nécessaires pour pourvoir les postes vacants. »

D’après madame Bosc, à l’heure actuelle les besoins en travailleurs qualifiés sont tels que la survie de certaines entreprises pourrait être compromise à moyen ou long terme, faute de talents.

Des démarches novatrices

Face à ces défis de recrutement colossaux, le gouvernement du Québec a multiplié les interventions pour trouver de nouveaux travailleurs dans les domaines des TIC, débloquant des fonds de 19 millions de dollars en janvier 2021 afin de stimuler les carrières dans ce secteur d’activité, notamment auprès des jeunes, des femmes et des communautés culturelles. En plus du recrutement international, des programmes de rehaussement des compétences et de courtes formations technologiques sont offerts dans l’espoir d’accueillir 4 500 nouveaux travailleurs dans l’industrie des TIC.

Le domaine des TIC est par ailleurs visé par le Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation (PARAF), grâce auquel des personnes au chômage peuvent suivre une formation intensive de 165 à 360 heures dans les cégeps montréalais. Le gouvernement du Québec et le Conseil emploi métropole ont injecté 1,9 million de dollars dans cette démarche en février 2021.

Soutenu par une subvention de près d’un million de dollars, un nouveau programme de formation continue se prépare dès cette année au Collège de Bois-de-Boulogne, au Cégep Gérald-Godin et au Cégep John Abbott. Ce programme permettra à des étudiants d’apprendre des métiers des TIC comme s’ils travaillaient dans une entreprise. Jusqu’à 240 professionnels devraient obtenir un diplôme au cours des cinq prochaines années.

Programme Maillon Techno

également à cette mobilisation de recrutement en proposant le programme Maillon Techno. Avec l’aide de Services Québec, le comité sectoriel de main-d’œuvre en TIC met en relation des employeurs établis à Montréal et des chercheurs d’emploi. Les recruteurs ont ainsi accès gratuitement à une banque de candidats qualifiés, sélectionnés selon leurs critères d’embauche.

Les chercheurs d’emploi qui ont une formation ou une expérience de travail dans le domaine des TIC sont également admissibles au Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) ou à la Subvention salariale, deux initiatives qui accordent aux entreprises une aide financière pouvant atteindre 5 000 $ pour les soutenir à l’arrivée de ces nouveaux venus.

L’équipe de TECHNOCompétences invitera les recruteurs à considérer tout le potentiel des candidats issus de l’immigration, et elle les accompagnera pendant tout le processus de recrutement et d’intégration de ces travailleurs afin d’assurer leur maintien en emploi à long terme. Des formations d’appoint seront offertes si nécessaire.

« Je suis fier de constater que nos partenaires sur le terrain demeurent actifs dans l’élaboration de solutions concrètes pour assurer la vitalité économique québécoise, d’affirmer Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. C’est précisément ce que fait le projet Maillon Techno, en soutenant les entreprises dans leur processus de recrutement des personnes sans emploi ou issues de l’immigration, en plus de miser sur le rehaussement des compétences. En accompagnant les entreprises dans la recherche et le maintien en emploi d’une main-d’œuvre qualifiée et diversifiée, on s’assure d’avoir un marché du travail fort de tous ses joueurs et inclusif pour que toutes et tous y trouvent leur place. »

« Aujourd’hui les entreprises ont beaucoup de choses à gérer dans le contexte de rareté de la main-d’œuvre, souligne pour sa part la directrice générale de TECHNOCompétences. Il y a une forte pression pour répondre à de courts échéanciers de production. Avoir du soutien pour repérer et recruter des talents est un avantage non négligeable. »

Toutes ces actions ont pour but d’épauler les employeurs dans leur recherche de professionnels qualifiés. Il en va de la vitalité de l’industrie des TIC de Montréal et du Québec entier.

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