Vous lisez : La prise en charge du travailleur qui souffre de dépression

C’est quoi?

C’est la meilleure solution pour réduire l’impact financier et humain de la dépression.

Comment parvient-on à réduire le coût de la dépression pour l’entreprise?

  • En suivant intensément et hâtivement le travailleur qui souffre de dépression grâce à une échelle (PHQ-9) qui chiffre le degré de sévérité de la dépression;
  • En ajustant la dose de son médicament s’il n’y a pas un minimum d’amélioration après deux semaines à dose thérapeutique;
  • En changeant de médicament s’il n’est pas toléré ou est inefficace;
  • En ajoutant un nouveau médicament si l’efficacité est partielle;
  • En améliorant l’observance du traitement par la psychoéducation.

Pourquoi le suivi du travailleur déprimé devrait intéresser un employeur?

Au Canada, la dépression coûte 32,3 milliards de dollars par année aux entreprises en perte de productivité.[1]

La diminution de productivité se manifeste par l’absentéisme et/ou le présentéisme.

Qui est touché par la dépression?

  • Au Canada, une étude récente de Statistique Canada (déc. 2020) réalisée entre 2000 et 2016 évalue la prévalence annuelle d’épisodes de dépression majeure à 5,4 % parmi les travailleurs.2
  • La prévalence annuelle d’un trouble anxieux serait de 4,6 % dans cette même population.[2] (Notons ici que les médicaments qui traitent la dépression traitent également l’anxiété.)
  • Selon une étude américaine sérieuse[3], la pandémie peut augmenter de trois fois la prévalence de la dépression majeure, ce qui pourrait conduire à une prévalence annuelle de cette maladie d’environ 16,2 %.

Quand et comment l’entreprise devrait-elle agir vis-à-vis de la dépression?

Concernant la dépression, le traitement précoce, l’intervention hâtive, un traitement efficace dès le départ et l’amélioration de l’observance du traitement peuvent faire une réelle différence entre un rétablissement complet à long terme et une maladie qui devient chronique.

  • Selon plusieurs études, le fait de ne pas s’améliorer de façon hâtive va indiquer qu’un changement dans le traitement doit être envisagé[4] :
    • S'il n’y a pas une amélioration d’au moins 20 % au bout de deux semaines (à dose thérapeutique minimale), 89 % des patients n’auront pas de réponse stable lors du suivi après quatre à huit semaines.

      * Il faut, pour ce faire, évaluer le patient avant le début du traitement afin d’avoir une donnée de base via le PHQ-9 (chiffre de sévérité de la dépression) et de pouvoir la comparer.

  • Une intervention clinique est donc nécessaire pour tous les cas où il n’y a pas un début d’amélioration après deux semaines de traitement à dose minimale efficace. Celle-ci est faite par le pharmacien, de concert avec le médecin traitant.

Pourquoi cette prise en charge est-elle faite par un pharmacien spécialisé en psychiatrie?

  • Les médecins omnipraticiens qui sont habituellement appelés à traiter les patients souffrant de dépression ne parviennent plus à trouver tout le temps nécessaire à l’évaluation du traitement et au suivi de ces patients.
  • On note donc des lacunes dans la cascade du traitement de la dépression en soins primaires, car très peu de personnes reçoivent une médication adéquate et très peu atteignent la rémission.[5]
  • Les pharmaciens (surtout s’ils sont spécialisés en psychiatrie) peuvent épauler les médecins en prenant en charge le suivi des patients déprimés. 
  • Les pharmaciens sont ainsi les professionnels de la santé les plus qualifiés pour :
    • Améliorer l’adhésion au traitement (généralement très faible sans intervention);
    • Intervenir cliniquement de concert avec le médecin traitant.

    * Nous croyons sincèrement que cette approche permettra au travailleur de se rétablir complètement de sa dépression, de reprendre plus tôt le travail, d’être productif comme avant et d’avoir une meilleure qualité de vie.

Références

  1. The Conference Board of Canada’s Canadian Alliance for Sustainable Health Care, septembre 2016.
  2. DOBSON, Kathleen G., et collab. Trends in the prevalence of depression and anxiety disorders among working-age Canadian adults between 2000 and 2016. [https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202001200002-eng]
  3. ETTMAN, Catherine K., et collab. Prevalence of Depression Symptoms in US Adults Before and During the COVID-19 Pandemic. JAMA Netw Open. 2020; 3(9):e2019686.
  4. SZEGEDI, Armin, et collab. The Journal of Clinical Psychiatry, 2003, 64(4). SZEGEDI, Armin, et collab. The Journal of Clinical Psychiatry, 2009; 70:344-53. HENKEL, Verena, et collab. The Journal of Affective Disorders, 2009; 115:439-449; GESCHWIND, Nicole, et collab. European Neuropsychopharmacology, 2011. GORWOOD, P., et collab. The Journal of Affective Disorders, 2015; JOEL, I., et collab. The American Journal of Geriatric Psychiatry, 2014; TADIC, A., et collab. European Neuropsychopharmacology, avril 2016; 26(4):705-16. HICKS, Paul B., et collab. Psychiatric Research and Clinical Practice [en ligne], 3 octobre 2019.
  5. PENCE, Brian W., O’DONNELL, Julie K., GAYNES, Bradley N. The depression treatment cascade in primary care: a public health perspective. Curr Psychiatry Rep. 2012; 14(4):328–335.
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