Vous lisez : Formation : Gestion intégrée et éthique de la santé-sécurité du travail : des compétences recherchées

Piloter le volet santé-sécurité du travail (SST) n’est pas simple. Les gestionnaires SST doivent devenir des ambassadeurs d’initiatives de prévention sans prise légale ferme pour encourager un mode proactif de prévention. De plus, les enjeux de santé mentale au travail ainsi que les troubles musculosquelettiques nécessitent la mise en œuvre d’interventions complexes, participatives et ciblant l’ensemble de l’organisation du travail. C’est sans compter que les responsables SST doivent également bien comprendre l’interaction entre les enjeux humains et financiers du processus de réparation des lésions professionnelles.

Pour répondre adéquatement à ces défis, des organismes comme l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés et le National Institute for Occupational Health (NIOSH) aux États-Unis positionnent l’expertise en SST d’un point de vue stratégique en l’intégrant à l’ensemble des activités de l’entreprise. Dans cet esprit, les professionnels et professionnelles gérant la SST doivent savoir mobiliser des approches différentes en matière d’analyse de risques et de conception de solutions. Cela implique de dévier des approches plus traditionnelles de la SST, souvent associées au secteur industriel, et démontrer des habiletés politiques, stratégiques et humaines à l’interface de la SST et de la gestion des ressources humaines. En bref, occuper un poste de responsabilité en SST nécessite d’avoir, en plus des compétences techniques, des compétences interpersonnelles pour mobiliser des parties prenantes et des compétences stratégiques pour créer des partenariats tant internes qu’externes.

En outre, deux éléments de l’actualité récente au Québec amplifient la nécessité de répondre rapidement et adéquatement au développement de ces compétences clés en gestion de la SST.

D’abord, la pandémie de COVID-19 a rudement mis à l’épreuve la gestion de la SST dans les milieux de travail, tous secteurs d’activités confondus. Cette situation, d’abord gérée dans l’urgence, a exigé des entreprises qu’elles mettent en œuvre des plans de prévention inédits et assez contraignants incluant, pour certains emplois, un passage accéléré en mode télétravail. Pour plusieurs milieux, la crise a révélé des zones grises en gestion de la SST dont on doit apprendre dès maintenant pour innover afin que la gestion de certains risques n’en engendre pas de nouveaux, tant pour la santé physique que mentale.

Le deuxième bouleversement vient du projet de loi 59, à l’étude en commission parlementaire, qui vise à moderniser les deux lois encadrant le régime québécois de SST[1]. Si adopté, le projet de loi provoquera un certain nombre de changements qui demanderont de mettre à jour, adapter ou élaborer des programmes de prévention contextualisés et les pratiques liées à la réparation des lésions professionnelles.

Sensible aux préoccupations soulevées par ces enjeux de taille, le Département d’organisation et ressources humaines de l’ESG UQAM lancera, en janvier 2022, un nouveau certificat en gestion intégrée de la santé et sécurité au travail qui formera une relève outillée pour aborder la complexité des problématiques de SST actuelles et à venir. Il s’adressera autant à des personnes souhaitant faire carrière en SST qu’à celles occupant déjà une fonction en SST et qui voudraient étendre et approfondir leurs compétences. Une séance d’information est prévue le 19 octobre de 17 h à 18 h. Les inscriptions sont ouvertes.

  1. Projet de loi n° 59, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, http://m.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-59-42-1.html
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