Vous lisez : La clé d’un dialogue constructif

Lorsque nous abordons des sujets délicats avec rationalité, calme et considération, nous sommes, de même que notre interlocuteur, capables de contribuer au dialogue de façon constructive et, ainsi, d’apporter des solutions intéressantes dans le respect des intérêts de chacun. Nous n’en sommes pas conscients, mais nous nous trouvons alors dans notre « zone de sécurité », cette zone dans laquelle nous nous sentons à l’aise de nous exprimer, et ce, sans sentir de jugement ou de menace à notre intégrité de la part de notre interlocuteur ou dans les propos énoncés.

Cependant, lorsque des enjeux importants sont amenés, lorsque le désaccord est grand, lorsque les émotions sont fortes, il n’est pas rare de prendre conscience que, soudainement, notre interlocuteur est « sur la défensive ». Il ne se trouve plus alors dans sa zone de sécurité. Cette insécurité, causée par une perception de menace à son intégrité, se manifeste de plusieurs façons, allant des tentatives de détourner le sujet ou des propos incohérents au report de la responsabilité uniquement sur vous, au refus de communication. Nous ne sommes pas non plus nous-mêmes à l’abri de cette insécurité, qui peut nous plonger dans une attitude défensive. Cela est évidemment une barrière au dialogue constructif et respectueux et à une résolution de problème efficace.

Se trouver hors de notre zone de sécurité est néfaste non seulement pour la qualité de la communication, mais également pour la qualité de la relation en jeu. En effet, hors de notre zone de sécurité, il n’est plus possible d’être réellement à l’écoute, d’être empathique et même de réfléchir de façon rationnelle. Il ne vaut alors donc plus la peine de poursuivre l’échange dans une dynamique où chacun tente seulement de ressortir gagnant. Ainsi, il est essentiel, lors d’une discussion, de tenter de se maintenir, nous-mêmes et notre interlocuteur, dans nos zones de sécurité respectives afin de favoriser une issue dans laquelle une solution efficace sera trouvée et où il y aura également satisfaction des deux personnes impliquées.

Afin de nous maintenir mutuellement dans nos zones de sécurité respectives, voici différentes stratégies possibles :

  • Déterminer ses propres mécanismes de défense et ce qui les enclenche habituellement;
  • Prendre conscience de ses perceptions et les distinguer des faits;
  • Reconnaître l’insécurité de l’autre derrière ces comportements inadéquats;
  • Partager ses sentiments, besoins et intentions réelles;
  • Valider les sentiments et les besoins de l’autre personne;
  • Respecter la dignité et les valeurs de chacun;
  • Utiliser des techniques d’écoute active;
  • Créer un but commun.

Aussi, les interlocuteurs peuvent sortir de leur zone de sécurité et y entrer au gré de la discussion. Il ne faut surtout pas hésiter à revenir sur un propos qui a pu être blessant ou sur un élément qui a mené notre interlocuteur hors de sa zone de sécurité afin de le ramener et de se permettre d’avoir une conversation constructive. Il est donc très important de prendre soin de la zone de sécurité de chacun, et ce, tout au long de la conversation!

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